Cette thèse propose une étude comparative de la justice pénale des mineurs en France et en Thaïlande, en s'appuyant sur une analyse approfondie de leurs sources juridiques, de leurs principes directeurs et de leurs mécanismes de mise en uvre. Elle vise à comprendre comment ces deux systèmes, issus de contextes politiques, culturels et institutionnels différents, intègrent les normes internationales et construisent une réponse pénale adaptée à la spécificité du mineur. La première partie examine le cadre normatif. L'étude des sources internationales notamment la Convention relative aux droits de l'enfant, les Observations générales du Comité des droits de l'enfant, le PIDCP, les Règles de Beijing, les Principes de Riyad et les Règles de La Havane révèle une influence déterminante sur les législations nationales. En France, ces instruments ont contribué à la reconnaissance croissante de l'intérêt supérieur de l'enfant et à la transformation du système, culminant avec l'adoption du Code de la justice pénale des mineurs. En Thaïlande, ils ont inspiré des réformes majeures : révision du Code pénal, abolition des peines les plus sévères pour les mineurs et création des tribunaux spécialisés, malgré des obstacles institutionnels et socioculturels qui en limitent l'effectivité. L'étude compare également les sources régionales : en France, le rôle du Conseil de l'Europe et de l'Union européenne, dont la jurisprudence et les mécanismes de contrôle renforcent la protection procédurale ; en Thaïlande, l'influence croissante de l'ASEAN qui développe un cadre régional de protection de l'enfant. Les sources internes constitutions, lois, réformes successives font l'objet d'une analyse détaillée. En France, les principes constitutionnels (éducation, proportionnalité, droits de la défense) et les réformes législatives successives montrent une tension entre la tradition éducative et des orientations plus répressives. En Thaïlande, les Constitutions successives ont renforcé les droits des mineurs, mais la dispersion des textes et l'absence d'un code unifié créent des difficultés de cohérence et d'application. La deuxième partie étudie la mise en uvre concrète de la justice des mineurs. Elle analyse les acteurs : juges des enfants, parquet, avocats et PJJ en France ; tribunaux de la jeunesse, juges professionnels et non professionnels, conseillers juridiques, centres d'observation et de réhabilitation en Thaïlande. L'étude souligne l'importance de la spécialisation, de la formation et de la coordination interinstitutionnelle dans la protection effective des mineurs. Le processus pénal des mineurs est analysé dans ses différentes phases : enquête, instruction, mesures provisoires, jugement et voies de recours. Les garanties procédurales (assistance obligatoire, confidentialité, droits de l'information, individualisation des procédures) font l'objet d'une comparaison détaillée. La thèse met en évidence des convergences développement des alternatives aux poursuites, renforcement des mesures éducatives, adaptation des procédures mais aussi des divergences importantes concernant l'effectivité des droits, la cohérence institutionnelle et l'usage de la détention provisoire. Enfin, l'étude analyse les mécanismes d'effacement des données judiciaires, essentiels pour la réinsertion et la prévention de la stigmatisation. La France dispose d'un système structuré mais marqué par des enjeux liés au fichage, tandis que la Thaïlande privilégie des mécanismes d'effacement liés à la réhabilitation et à la protection sociale. Dans son ensemble, cette thèse vise à identifier les logiques d'harmonisation et les résistances nationales dans l'évolution de la justice pénale des mineurs. Par une approche comparée et pluridimensionnelle normative, institutionnelle et procédurale , elle ambitionne de contribuer à une meilleure compréhension des modèles contemporains de justice juvénile et de proposer des pistes d'amélioration pour renforcer l'effectivité de la justice pénale des mineurs de droit français et de droit thaïlandai