Les cryptoactifs en particulier les cryptomonnaies et les NFT met en tension les catégories classiques du droit fiscal, la souveraineté monétaire des États et le consentement à l'impôt. Le contexte est celui d'un encadrement encore fragmentaire : cadre fiscal français issu notamment de la loi PACTE, entrée en vigueur de MiCA, multiplication des usages (staking, lending, minage, airdrops), mais persistance de vides juridiques et d'une grande hétérogénéité entre États, source de risques d'optimisation et de fraude. Les cryptoactifs révèlent trois tensions majeures : entre neutralité économique et fiscalité de régulation, entre innovation décentralisée et souveraineté étatique, et entre acceptabilité sociale de l'impôt et renforcement des contraintes et contrôles. La problématique centrale est la suivante : comment le droit fiscal français et européen peut‑il préserver la souveraineté financière de l'État tout en intégrant les cryptoactifs dans un cadre de régulation compatible avec la décentralisation technologique et les comportements économiques contemporains ? Pour y répondre, la thèse propose d'examiner successivement : la qualification juridique des cryptoactifs, la détermination de l'évènement imposable, la territorialité de l'impôt, l'adaptation du contrôle fiscal et les conditions du consentement à l'impôt dans cet univers numérique. Le cadre théorique repose sur trois piliers : l'autonomie du droit fiscal (pour construire des catégories adaptées aux actifs numériques), la théorie de la régulation (la fiscalité comme instrument de pilotage économique et social) et la théorie du consentement fiscal (acceptabilité, intelligibilité, compliance). Le projet tient à l'articulation entre fiscalité, régulation des cryptoactifs et enjeux de souveraineté monétaire, dans un contexte où euro numérique, cadres européens et initiatives nationales redéfinissent l'ordre monétaire et fiscal. La thèse ambitionne ainsi de proposer un modèle de fiscalité des cryptoactifs pensé comme véritable outil de politique publique, conciliant innovation, sécurité juridique et maintien du lien de confiance entre contribuables et État.