Le sujet de thèse intitulé "L'articulation du droit du dommage corporel et du droit patrimonial de la famille" explore les interactions complexes entre ces deux domaines juridiques, mettant en lumière les bouleversements que chacun peut entraîner sur l'autre. Cette étude se concentre sur la responsabilité civile dans le cadre familial, les régimes matrimoniaux, les successions, le divorce, et la gestion des sommes indemnitaires, tout en examinant les contradictions et les réformes nécessaires. La responsabilité civile au sein de la famille soulève plusieurs questions cruciales. La responsabilité d'un époux envers l'autre, qu'il s'agisse de dommages causés au patrimoine commun ou à l'autre conjoint, est un enjeu majeur. Par exemple, un époux peut être tenu responsable des dommages causés au patrimoine commun, ce qui peut avoir des répercussions significatives sur la gestion des biens familiaux. A cela s'ajoutent les violences conjugales ou encore les fautes commises lors de la rupture du couple. De même, la responsabilité parentale, notamment les dommages causés par un enfant, peut avoir des implications sur le patrimoine familial. Les accidents domestiques, bien que moins fréquemment abordés, posent également des questions sur le lien entre la responsabilité civile et le droit patrimonial. Les régimes matrimoniaux jouent un rôle central dans la détermination de la charge financière de la responsabilité après un dommage. Il faut en effet se demander si la charge économique liée l'engagement de la responsabilité d'un époux peut peser sur le patrimoine familial. Selon le régime choisi (communauté, séparation de biens, indivision), les conséquences financières peuvent varier. Par exemple, en cas de dommage causé par un époux, le créancier de l'indemnisation peut se tourner vers le patrimoine commun ou personnel, selon les circonstances. Dans les rapports entre époux, il faut ensuite se demander si l'utilisation de deniers communs pour indemniser une victime peut donner lieu à une compensation par le biais de récompenses ou de créances entre époux. À l'inverse, lorsqu'un époux est victime, l'indemnité qu'il perçoit doit-elle lui demeurer personnelle ou intégrer le patrimoine familial. Les successions posent des défis particuliers en matière de responsabilité civile. Les successions, fondées sur le principe de continuité de la personne du défunt, entraînent-elles une transmission des dettes de responsabilité à ses héritiers ? La mort du responsable, conduit-elle à réduire les chances de la victime d'être indemnisée ? Les héritiers peuvent être tenus responsables des dommages causés par le défunt, ce qui peut compliquer la répartition du patrimoine. La distinction entre capital et rente dans le cadre de l'indemnisation est également un sujet de débat doctrinal. La perte de revenus suite à un dommage corporel a des répercussions directes sur la famille. L'indemnisation des proches, ainsi que les charges supplémentaires pour les soins médicaux et l'aménagement du domicile, doivent être prises en compte. La rupture du couple amène également son lot de question. En cas de divorce, le sort des indemnisations, qu'elles soient perçues par le conjoint-victime directe, ou par celui qui est victime indirecte, sont un enjeu important. Il s'agira également d'étudier les règles applicables à l'évaluation des pensions alimentaires pour vérifier qu'elles répondent effectivement à la prise en compte de l'état d'un enfant victime d'un dommage corporel. Les contradictions entre les différents corps de règles soulèvent la question de la nécessité d'une réforme. Le droit du dommage corporel et le droit patrimonial de la famille semblent s'ignorer mutuellement, ce qui peut entraîner des incohérences et des injustices. Deux exemples permettent de s'en convaincre. Premièrement, les actes fautifs d'un époux peuvent avoir des répercussions sur le patrimoine familial au moment du divorce, compliquant ainsi le partage des biens. Deuxièmement, l'époux victime peut ne pas profiter réellement des sommes qui lui seraient versées. En effet, le