Historiquement, la finalité première du droit du travail est la protection des salariés contre les abus des employeurs. Progressivement, un changement de paradigme s'est imposé sous l'influence du libéralisme. Désormais, « Le droit du travail est sommé d'être efficace, de s'adapter aux exigences de la mondialisation, et il n'échappe pas à la culture de l'évaluation, à la mythologie du chiffre ». Ainsi, la législation du travail s'inscrit dans la recherche d'un juste équilibre entre, d'une part, la protection des salariés et, d'autre part, la préservation de la compétitivité des entreprises. Face au développement de l'informatique et des techniques de communication, un nouveau bouleversement du droit positif est à craindre. On doit s'interroger sur l'impact de « l'intelligence artificielle » (IA) sur l'emploi, sur la gouvernance des relations de travail et, plus généralement, sur la production des normes applicables dans les rapports sociaux. Cette technologie constitue pour les entreprises, une source de performance et un gain de productivité incontestable. Comment le droit du travail s'adapte-t-il aux transformations provoquées par l'avènement et le recours à l'IA dans le monde du travail ? Par ailleurs, Si la possibilité que l'IA puisse remplacer progressivement l'homme dans l'emploi est pour l'heure utopique, elle mérite néanmoins une attention toute particulière. Pour la sécurité sociale par exemple, quid de son financement ? Quel avenir pour le système de retraite français qui repose largement sur la répartition ? Les développements l'IA dans l'environnement du travail et les perspectives qui s'en dégagent invitent le droit du travail à appréhender, dès à présent, les contours et les limites juridiques de leurs applications.