Le continent Africain, riche en ressources naturelles et humaines, suscite depuis plusieurs décennies l'intérêt croissant des investisseurs internationaux. Toutefois, cet engouement est souvent tempéré par des défis structurels et institutionnels qui freinent l'attractivité économique des pays africains. Parmi ces défis, la corruption, la criminalité économique, l'insécurité juridique et judiciaire, ainsi que le manque de transparence dans la gouvernance économique sont régulièrement pointés du doigt. A cet égard, la consolidation d'un environnement d'affaires stable, prévisible et juridiquement sécurisé devient une priorité stratégique pour les Etats africains en quête de développement durable. L'investissement, en tant que levier de la croissance économique, repose largement sur la confiance des opérateurs économiques dans les institutions locales, notamment judiciaires. Dans cette perspective, le droit pénal des affaires joue un rôle crucial. Il ne s'agit pas uniquement d'un mécanisme répressif, mais aussi d'un instrument de régulation, de prévention et de protection des intérêts économiques des acteurs du marché. La sanction des comportements frauduleux (corruption, abus de biens sociaux, blanchiment, concussion, escroquerie, etc.) permet de restaurer la transparence, d'assurer la loyauté dans les relations d'affaires et de garantir l'équité concurrentielle. En Afrique, le droit des affaires a connu une mutation importante grâce à la mise en place de l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA). Créée en 1993, l'OHADA vise à harmoniser et moderniser les règles du droit des affaires dans ses 17 Etats membres, en promouvant un cadre juridique cohérent, accessible et sécurisé. Toutefois, l'OHADA, dans sa structuration actuelle, reste essentiellement tournée vers le droit privé (droit commercial, droit des Sociétés, droit des sociétés, droit des sûretés, etc..) et consacre peu de place à la dimension pénale, pourtant indissociable de la régulation des marchés. Or, la criminalité économique étant transversale, il devient nécessaire d'analyser les mécanismes répressifs existants, leur efficacité réelle dans la lutte contre les infractions économiques. Titre de comparaison, la France offre un exemple intéressant en matière de droit pénal des affaires. Fort d'une longue tradition juridique et d'un arsenal législatif dense, le système français a développé des institutions spécialisées, des procédures adaptées et une jurisprudence abondante qui permettent une appréhension efficace des délits économiques. Étudier le modèle français peut dès lors fournir des enseignements utiles pour une amélioration contextuelle des dispositifs juridiques africains. Ce projet de thèse répond à une double nécessité : D'un point de vue scientifique, il s'agit d'exploser un champ encore peu abordé dans la doctrine juridique africaine ; l'articulation entre droit pénal des affaires et attractivité économique. Si de nombreuses études ont traité du droit des affaires Ohada sous l'angle commercial ou civil, peu d'entre elles ont investigué la dimension pénale de manière approfondie, notamment dans une étude comparée. D'un point de vue pratique et politique, l'étude s'inscrit dans une démarche de soutien à la gouvernance économique. La réforme du droit pénal des affaires, en Afrique francophone en particulier, apparaît comme une condition sine qua non pour garantir la sécurité juridique et judiciaire des investissements, protéger les acteurs économiques contre l'arbitraire, et encourager l'émergence d'un secteur privé dynamique.