Les règlements internationaux et les conventions internationales ont de longue date tant en matière civile et commerciale qu'en matière familiale cherché à se doter d'outils permettant de favoriser la reconnaissance et l'exécution des décisions entre les pays. Pour cause, le droit à l'exécution d'une décision est le droit roi, celui sans lequel, tout droit subjectif reconnu à une partie au procès, demeure totalement illusoire et ineffectif. En matière de responsabilité parentale, une décision non exécutée contrevient à des principes de droits fondamentaux posés par les conventions internationales, tel que celui pour l'enfant de pouvoir maintenir des liens avec ses deux parents. Or, et malgré les travaux très importants réalisés par la Conférence de La Haye et le Conseil de l'Union européenne, de nombreuses décisions demeurent dépourvues d'efficacité dans les faits. Pour illustration, seules 26 % des demandes de retour par suite d'un enlèvement international d'enfant sont résolues dans le délai initialement prévu, faute de pouvoir être exécutées. Les difficultés d'exécution s'expliqueraient, en premier lieu, par le fait que l'exécution matérielle' des décisions relève aujourd'hui toujours de la souveraineté nationale des états de sorte que « conflits de culture judiciaire » et « d'affrontement aigu de politique judiciaire » se retrouvent « au stade de l'exécution de la décision ». L'articulation entre les objectifs affichés des textes au niveau européen, international et les pratiques judiciaires étatiques manquent d'harmonie. Au-delà de cet élément purement juridique, il résulte des pratiques étatiques, un certain malaise des autorités à exécuter' des décisions impliquant un enfant, sans pour autant qu'une étude précise existe en la matière. Il s'agira donc d'entreprendre une étude sur l'articulation des normes européennes, internationales et étatiques régulant la question de l'exécution des décisions rendues en matière de responsabilité parentale et de s'interroger sur les pratiques existantes au sein des états, afin de conceptualiser un modèle qui permettrait d'améliorer l'exécution en la matière, lorsque le litige dépasse les frontières. Cela impliquera une étude approfondie des textes existants au niveau européen et international, ainsi qu'une étude de terrain, afin de connaître les pratiques étatiques en matière d'exécution des décisions relatives à la responsabilité parentale.