Au sein de l'espace politique qui est le leur, les collectivités territoriales disposent d'une marge de manuvre pour exercer une action publique propre. Soumises à des injonctions provenant autant de l'État central, de leur territoire que de leur organisation interne, elles agissent dans un espace juridique contraint. De fait, l'appropriation qu'elles se font de la norme, tout comme leur propre production réglementaire, est le produit d'un ensemble de procédés internes et externes à l'appareil administratif local. De là vient l'intérêt de penser le rapport au droit des collectivités locales. La thèse permettra, certes, d'observer concrètement l'application du principe de légalité par les collectivités, mais surtout, de dépasser cette seule vision. Instrumentalisation du droit, management des risques juridiques et positionnement interne du droit par rapport aux exigences politiques seront amenés à être analysés pour avoir une vision complète de ces relations entre les collectivités et le droit. C'est tout ce que l'on nommera la fonction juridique territoriale, qui sera l'objet de la présente recherche. Or, les dynamiques d'institutionnalisation de cette fonction dans les collectivités territoriales passent par sa structuration interne. Il s'agira donc également d'analyser le rôle et le fonctionnement d'un acteur clé de celle-ci : le juriste territorial. Contrairement aux petites collectivités, les villes de taille moyenne disposent d'une capacité à se doter d'une expertise juridique interne, qui reste toutefois modeste par rapport aux grandes collectivités, dont la fonction juridique se structure en pôles de spécialisation. C'est pourquoi l'étude se concentrera sur ces villes de taille moyenne, à l'intersection entre contraintes de moyens et opportunité de structuration juridique. En somme, cette thèse portera sur l'administration communale dans et par son droit, ainsi que sur l'intégration de l'expertise juridique dans la construction stratégique de l'action publique locale.