La musique a été de tout temps un enjeu du pouvoir politique et économique. Libre change d'expression, elle a été utilisée comme un support de légitimité et un élément de profit. Le marché et la puissance publique ont redéfini sa substance afin de déterminer ses contours et son message, pour en faire un rapport de rentabilité et nier sa force subversive. De droit privé de la musique et des musiciens, sous l'emprise du jeu marchand, s'organise autour de l'exploitation des œuvres plutôt qu'autour de leur protection. Quant à l'état il n'a pas pu conduire une politique précise en ce domaine, tant les réseaux de l'administration culturelle s'avèrent complexes et diffus. La sphère publique, malgré une politique d'incitation à la création et à la consommation culturelle, n'a pu que reproduire matériellement les schémas de l'économie marchande. En ce sens, la puissance, populaire et savante, et prophétie elle permet de déterminer l'évolution des rapports entre l'Etat et les forces sociales et économiques et de redéfinir l'organisation traditionnelle du pouvoir entre la puissance publique et la société civile.