Il est aujourd'hui admis que le changement climatique constitue une préoccupation planétaire affectant toutes les régions du monde et qu'il représente l'une des plus grandes difficultés tant aux acteurs politiques qu'à nos systèmes juridiques. Si sa nature transversale et mondiale ne pose en soi pas de difficulté particulière, le changement climatique affecte néanmoins certaines régions plus vulnérables, à l'instar du continent africain. A cet effet, l'Organisation Météorologique Mondiale, dans son Rapport sur l'état du climat en Afrique 2024, a pu estimer que les changements climatiques ont causé sur ce continent de multiples dommages et ont également affecté les droits fondamentaux des populations. Au premier abord, cette situation peut paraître paradoxale, tant il est vrai que la contribution de l'Afrique au réchauffement climatique mondial demeure très marginale et son empreinte climatique reste modeste, puisqu'elle ne représente qu' environ 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. En réalité, cette crise climatique sur ce continent trouve son origine dans de multiples causes comprenant les actions et omissions d'acteurs variés, dont les entreprises multinationales. Partant de ce constat, cette recherche interroge la mobilisation présente et future de la responsabilité des entreprises multinationales face au changement climatique dans le contexte africain. En cela, il sera question d'analyser, selon une approche basée sur le droit international et le droit comparé, les différentes normes juridiques par lesquelles les entreprises peuvent être tenues responsables pour les impacts des changements climatiques sur le continent africain. Il conviendra ainsi de supputer leur viabilité, du moins, leur portée ainsi que leurs limites. Cette recherche fera aussi recours aux contentieux récents engagés contre les entreprises en matière de changement climatique dans certains États, afin de voir comment ils pourraient servir de modèle pour le continent africain. Toutefois, cette thèse ne se limitera pas à une perspective négative du rôle des entreprises en matière climatique en Afrique. Elle s'attachera également à mettre en lumière une possible approche positive de ce rôle, afin d'inciter ou d'encourager davantage les multinationales dans la lutte contre les changements climatiques en Afrique. L'idée derrière cette approche positive serait de dépasser la dichotomie frontale entre activités des entreprises, bien-être des populations et durabilité de la planète pour parvenir à des objectifs communs. Finalement, cette thèse s'efforcera de démontrer comment le système normatif et institutionnel africain pourrait constituer un levier à l'émergence d'un véritable régime de responsabilité climatique des entreprises, mieux adapté aux réalités africaines, et au-delà, contribuant à une justice climatique globale, en corrigeant les inégalités Nord-Sud.