Chez Augustin et chez Sartre, l’homme se confronte au trouble tout au long de son existence. Cette existence est un processus de réalisation pratique fondé sur la liberté de ses actions dans le monde. Toutefois, en l’absence de compréhension de ce que cette existence pourrait être, perdu, ignorant et isolé, il recherche le sens à lui donner. Son expérience initiale du trouble le mène à comprendre qu’il peut intentionnaliser un devenir, c’est-à-dire affirmer par ses actes une vérité qui lui est révélée par son expérience, que cette vérité soit immuable (Augustin) ou relative(Sartre). C’est en se confrontant activement à l’hostilité du monde dont il est partie que l’homme peut alors façonner son devenir. Contraint néanmoins dans son élan parles conditions du monde qui s’exercent à son encontre, il prend conscience de la limitation de sa liberté et de la nécessité de la transformer afin de la réaliser pleinement. Il comprend alors que la socialité, qui conditionne et trouble l’homme tout au long de son existence, peut et doit être utilisée afin de faire émerger sa liberté conjointement avec celle des autres, et que des liens forts peuvent être créés.L’affirmation collective d’une vérité constituante du groupe fonde alors le processus politique, aboutissement de l’existence. Cet épanouissement est pourtant lui aussi porteur de trouble, au sein du groupe comme entre les groupes. L’homme, singulier comme collectif, doit alors défendre sa liberté en projetant sa vérité avec abnégation vers une universalité historique (Sartre) ou eschatologique (Augustin).