Dans quelle mesure les individus se saisissent-ils de discours et de représentations sur les normes, rapports sociaux de sexe et identifications de genre et de sexualité pour interpréter, juger ou (se) classer ? En s’appuyant sur des enquêtes empiriques étayées, les recherches rassemblées dans cet ouvrage explorent « l’ordinaire » des rapports au genre au prisme des catégorisations identitaires mobilisées dans différents domaines de la vie sociale : dans la sphère privée (pratiques de la cuisine, d’éducation, recours à l’IVG), le domaine professionnel (métiers de la petite enfance, de chercheur·se), la sphère militante (Nuit Debout, association de parents d’élèves), ou au carrefour de plusieurs arènes (construction de l’islam en problème public). Enfin, elles documentent la manière dont les catégorisations identitaires (relatives au genre, mais aussi à la race et à la classe) contribuent à reconduire ou au contraire à subvertir les rapports de/au genre. To what extent do individuals make use of discourses and representations of norms, gender relations and gender and sexuality identifications to interpret, judge or (self-)classify? Drawing on in-depth empirical surveys, the researches gathered in this book explore the “ordinariness” of gender relations through the identity categorizations mobilized in different areas of social life: in the private sphere (cooking practices, education, abortion), the professional sphere (early childhood professions, research), the activist sphere (Nuit Debout, parents’ association), or at the crossroads of several arenas (construction of Islam as a public problem). They analyze the way in which identity categorizations (relating to gender, but also to race and class) contribute to maintaining or, on the contrary, subverting gender relations