De l’indépendance en 1960 à 2024, le Mali a été confronté à cinq rébellions touarègues. Pour expliquer ces rébellions, les acteurs, les communicants et certains auteurs avancent cinq (5) arguments apologétiques ou de légitimation à savoir : l’autochtonie (colonisation malienne), la discrimination (ségrégation raciale), les spoliations (financière, agraire, minière), le sous-développement (paupérisation, manque d’infrastructures, chômage…) et les violations des droits de l’homme (l’oppression et la répression étatique).Cependant, il ressort de cette recherche, trois variables explicatives sur les rébellions touarègues. Premièrement, l’étude établit que la variable identitaire est le facteur incitateur. En effet, les rébellions touarègues découlent d’un déséquilibre des piliers de l’organisation socio-politique, socio-économique et socio-culturel de la société traditionnelle touarègue dû à la mue imposée par les administrations françaises et maliennes à des fins économiques, de stabilité politique, de justice sociale et de transmutation culturelle.Deuxièmement, il revient dans la recherche que la variable institutionnelle est le facteur facilitateur. Les rébellions touarègues naissent dans le contexte d’un Etat failli, du faible maillage territorial (administratif et sécuritaire). La facilité déconcertante par laquelle les rebelles parviennent à s’organiser, à déstabiliser et à imposer à l’Etat leurs diktats illustrent indubitablement la faiblesse des institutions maliennes. La récurrence des rébellions est somme révélatrice de la fragilité de l’Etat au Mali.Troisièmement, cette étude démontre que la variable géopolitique est le facteur déclencheur. Deux vecteurs constituent les mobiles des ingérences étrangères : l’idéologie et la géographie. D’abord, l’idéologie bicéphale qui gravite autour de la « race» et de la religion. En effet, l’humanité Kel tamachèque est un véritable patchwork biologique et culturel qui attise le fantasme des mouvements nationalistes, régionalistes, transnationalistes et religieux de toutes sortes. De surcroît, la géographie à travers la double dimension: territoire et ressources éveille les convoitises. Le nord du Mali, une zone à peuplement mosaïque est l’objet de dix (10) projets territoriaux annexionnistes ou sécessionnistes. Aussi, les ressources géologiques aux « pays Touareg » suscitent des appétits des Etats et des firmes extractives qui se servent des Touaregs comme levier pour promouvoir leur agenda hégémonique. De ce fait, toutes les rébellions touarègues au Mali résultent de l’action directe ou indirecte de puissances extérieures.