La rédaction d’un catalogue prosopographique des gens de finances millavois nous est apparue utile pour trois raisons. Tout d’abord, la rédaction de fiches biographiques doit rendre plus proche au lecteur ces hommes, rencontrés dans les sources millavoises, et qui sont l’objet de note étude. Ensuite, nous avons crû bon de présenter, pour une des premières fois, les personnes qui sont intervenues dans la gestion financière d’une ville. Ce travail, enfin, est une invitation à de futures recherches tant les registres notariés millavois renferment de nombreuses données relatives à la situation familiale et patrimoniale, entre autres, des gens de finances . Si notre travail peut servir à d’autres chercheurs, qui s’intéressent au consulat de Millau au bas Moyen Age ou qui poursuivent une étude institutionnelle à partir de la seconde moitié du XVe siècle, alors il n’aura pas été vain. La période retenue, 1356-1461, permet de saisir nombre de gens de finances (50 consuls boursiers et 344 gens de finances particuliers). Les limites chronologiques ont néanmoins été dépassées lorsque cela a été rendu possible. Les informations ont été relevées principalement dans la série CC des Archives municipales de Millau, en particulier dans les comptes des boursiers. Des sondages dans les registres notariés de la série 3E, conservés aux Archives départementales de l’Aveyron (A.D.A.), ont également été effectués. Chacun des éléments relevés a permis la constitution d’une base de données (I). Des notices ont été rédigées à partir de ces dépouillements pour chacune des personnes. Elles ne prétendent pas à l’exhaustivité. Chacun des deux groupes a fait l’objet d’une présentation différente qu’il convient d’expliciter. La mise en forme des résultats recueillis dans la base de données mérite de retenir l’attention . Aussi, il nous a semblé éclairant de distinguer les consuls boursiers (II) des gens de finances particuliers (III).
I. – En raison de l’hétérogénéité de la population étudiée et de son importance, la constitution d’une base de données s’est imposée. L’utilisation de l’informatique s’avère aujourd’hui une démarche habituelle en ce domaine. Après quelques tâtonnements et erreurs, nous avons construit, à partir du logiciel ACCESS 97, une base de données simple, qui répond à la problématique choisie à partir des sources disponibles . Elle s’articule autour d’un fichier principal dans lequel une fiche et une seule a été établie pour chaque personne. Des liens ont été ensuite créés entre ce fichier et quatre autres consacrés à des thématiques particulières (les gens de finances ayant ou non une fiche dans chacun d’eux suivant les informations collectées). Deux centres d’intérêts ont pu être renseignés, l’activité financière des gens de finances et leur patrimoine. Un fichier détaille en premier lieu les fonctions exercées. A chaque charge occupée correspond une fiche distincte, une même personne peut alors avoir plusieurs fiches. Les informations regroupées dans le fichier « Charges » ont trait à la nature des fonctions, la période d’activité, les modalités d’attribution (régie, ferme, cor e cor ), les conditions d’exercice (rémunération, caution, problèmes rencontrés lors de leur gestion). Le fichier principal, consacré aux individus, permet de replacer l’activité financière de la personne concernée dans son cursus honorum. Les autres renferment les informations relatives au patrimoine des gens de finances afin de les situer dans la hiérarchie des fortunes millavoises. A chacun des compoix conservés pour le XVe siècle, l’un de 1444 et l’autre de 1452, correspond un fichier particulier. La composition et l’évolution de la fortune mobilière et immobilière sont ainsi connues. Pour le compoix de 1444, tous les feux estimés ont été recensés dans la base de données afin de mieux saisir la place des gens de finances dans la société. Il nous est également apparu intéressant d’essayer de poser la question de l’évolution de leur patrimoine. Quelques informations sont disponibles pour certains gens de finances. Une estimation de biens en 1419, pou