La région du Golfe a connu d'importants bouleversements au cours de la dernière décennie, marquée par l'émergence de nouveaux acteurs influents dans les enjeux sécuritaires régionaux. Depuis 2011, les Émirats arabes unis (EAU) se sont imposés sur la scène régionale avec une assurance croissante, adoptant une politique étrangère ambitieuse et militariste. Cette thèse analyse cette transformation, en étudiant les stratégies diplomatiques, militaires et les alliances des EAU. Elle examine comment et pourquoi les EAU ont évolué d'une politique de non-ingérence à une approche activiste mobilisant leur influence et leurs moyens stratégiques. L'étude repose sur une analyse qualitative et quantitative, s'appuyant sur des sources telles que des entretiens, des discours officiels, des données sur les dépenses militaires, des interventions militaires et des alliances stratégiques. En adoptant le cadre théorique du réalisme néoclassique et en mobilisant la théorie des rôles, cette thèse explore les motivations sous-jacentes de ce tournant stratégique et ses implications à trois niveaux d'analyse. Premièrement, elle examine les transformations régionales et internationales postérieures au Printemps arabe, mettant en lumière les dynamiques qui influencent les politiques étrangères des EAU et de leurs voisins. Deuxièmement, elle analyse les variables nationales, notamment les capacités croissantes des EAU qui soutiennent leur politique étrangère activiste. Enfin, au niveau individuel, elle s'intéresse au rôle du « Statepreneur », en étudiant comment les ambitions et les perceptions du leadership émirati redéfinissent la doctrine stratégique du pays et façonnent son rôle régional. Cette thèse démontre que les EAU ont dépassé les approches traditionnelles des petits États, en adoptant une politique étrangère marquée par un activisme et un militarisme audacieux. Ce positionnement a renforcé leur statut régional, semblant créer de nouvelles opportunités stratégiques et économiques, tout en redéfinissant leur présence sur la scène régionale et internationale. Elle propose de reconsidérer les EAU comme un "État activiste", enrichissant les cadres théoriques en politique étrangère sur les petits États, tout en interrogeant l'efficacité et les limites à long terme de cette politique activiste.