Cette thèse vise à observer la manière dont le droit produit/façonne l'image et le statut de la jeunesse des XIVe et XVe siècles, avec pour terrain d'exploration la Bourgogne, en interrogeant les sources juridiques (coutumières, canoniques et judiciaires). Autrement dit, ce travail propose une enquête sur la manière dont la jeunesse était définie, perçue et traitée juridiquement dans le duché de Bourgogne à la fin du Moyen Âge. En s'appuyant sur les sources coutumières, les ordonnances ducales et les archives de la pratique (juridictions urbaines, seigneuriales et ducales), il s'agira d'analyser les seuils d'âge, les régulations du comportement, les formes de protection juridique (tutelle, curatelle, dotation) et la responsabilité des jeunes en matière civile et pénale. L'enjeu est de comprendre si le droit a contribué à façonner une catégorie sociale spécifique la « jeunesse » et comment cette construction se traduisait dans la pratique. Comment le droit bourguignon a-t-il contribué à définir la « jeunesse » comme catégorie sociale et juridique ? Quels dispositifs spécifiques encadraient la transition de l'adolescence à l'âge adulte (apprentissage, service militaire, mariage) ? Quelle image de la jeunesse ressort des sources judiciaires, en particulier dans les affaires criminelles ? Corpus Coutumiers : coutumes de Bourgogne (premières rédactions au XVe siècle). Ordonnances ducales : celles de Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon Archives judiciaires : Registres des bailliages et prévôtés. Registres urbains de Dijon, Beaune, Autun (juridictions consulaires et échevinales). Rôles de plaids des seigneuries monastiques (Cluny, Cîteaux). Sources complémentaires : testaments, contrats d'apprentissage, actes notariés. Doctrine : commentaires de juristes bourguignons ou voisins (influence du droit romain). ARGUMENTAIRE DU PROJET DOCTORAL Jeunesse et droit en Bourgogne au bas Moyen Âge (1300-1500) Cette recherche porterait sur la place et le traitement juridique de la jeunesse dans le duché de Bourgogne entre 1300 et 1500, période particulièrement riche en production normative et en documentation judiciaire. Cette séquence historique englobe la fin du duché capétien (jusqu'en 1361), l'essor du duché Valois (1363-1477) et son annexion à la couronne de France après 1477. La Bourgogne se distingue alors par un appareil administratif et judiciaire très structuré : chancellerie ducale, bailliages, prévôtés, Parlement de Dijon (1423), États de Bourgogne, qui produisent ordonnances, chartes et coutumiers. Le contexte de pluralisme juridique, entre droits coutumiers, droit romain et droit canonique, fait de ce territoire un observatoire privilégié de la régulation sociale. L'étude s'attachera à interroger les seuils d'âge définissant la jeunesse et la majorité dans les textes normatifs (coutumes, ordonnances ducales, droit canonique) et leurs conséquences juridiques : tutelle et curatelle, accès au mariage, à l'héritage, à la responsabilité pénale. Elle analysera les formes de participation sociale, professionnelle et politique ouvertes aux jeunes : contrats d'apprentissage, rituels d'intégration dans les métiers, admission dans les milices, serments, charges urbaines. Elle examinera également la manière dont les juridictions (ducales, seigneuriales, urbaines et ecclésiastiques) traitent les comportements de la jeunesse : violences, désordres, vagabondage, participation à des révoltes. Les sources permettront de croiser la norme et la pratique : ordonnances et chartes d'une part, registres de bailliages, procès criminels et documents de tutelle d'autre part. Les termes employés dans les sources (puer, adolescens, juvenis) seront étudiés pour observer les représentations sociales et idéologiques de la jeunesse. L'enquête portera aussi sur les jeunes nobles (pages, écuyers, chevaliers), les étudiants et clercs en formation, les apprentis et compagnons, en considérant leur passage vers l'âge adulte comme un moment de constructio