Félix Marie Louis Pierre Esquirou de Parieu, né le 13 avril 1815 à Aurillac et décédé le 8 avril 1893 dans le 7ᵉ arrondissement de Paris, était un juriste et homme d'État français, affilié à la droite monarchiste. Après la démission d'Alfred de Falloux, il est nommé ministre de l'Instruction publique et des Cultes par le président Louis-Napoléon Bonaparte, fonctions qu'il occupe du 31 octobre 1849 au 24 janvier 1851 dans le gouvernement Hautpoul, succédant à Falloux et précédant Charles Giraud. En 1852, Parieu entre au Conseil d'État comme conseiller d'État et préside sa section des finances. Il en devient vice-président à partir de 1855 et assume cette charge jusqu'au 4 septembre 1870, avant d'être nommé ministre-président du Conseil d'État du 2 janvier au 10 août 1870, à la fin du Second Empire. Élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1865, il s'impose aussi comme l'un des architectes de l'unification monétaire européenne : il préside la conférence monétaire de 1865, qui fonde l'Union monétaire latine, puis celle de 1867, tendant à étendre cette union à l'ensemble de l'Europe, voire au-delà. C'est dans ce contexte qu'il publie son traité majeur : Le Traité des impôts considéré sous le rapport historique, économique et politique en France et à l'étranger, paru chez Guillaumin et Cie en cinq volumes entre 1862 et 1864. L'ambition de l'auteur est de rapprocher des disciplines connexes (l'économie, l'administration, les politiques budgétaires et financières) pour en faire une monographie. Il s'est appuyé sur les travaux réalisés par des auteurs allemands pour lesquels la science financière est une discipline à part entière, contrairement à la France et au Royaume-Uni. Il précise que de celle-ci découle la science des impôts. Selon Esquirou de Parieu, en France, on fait une dissociation entre la théorie réservée aux savants et dédaignée par les politiques et la pratique. Ce phénomène entraîne, selon lui, un oubli des principes cardinaux, en ne se focalisant que sur les faits et les intérêts, contrairement aux penseurs étrangers tels que Locke, Newton, Halifax ou Lord Liverpool. Il souligne que les quelques hommes politiques français ayant tenté de rapprocher ces deux pôles n'ont pas été suivis dans leurs idées. Pour Esquirou de Parieu, l'homme d'État doit être un savant qui écrit, afin que la théorie vienne l'aider à prendre des décisions dans l'exercice de ses fonctions. Son objectif est multiple : classer rationnellement les taxes, montrer les interactions entre elles, leurs effets et leurs lois, leurs ressources financières et les résultats de la justice distributive. Enfin, il précise que l'idée de justice est présente, mais qu'elle ne sera pas sa seule boussole. L'idée de proportionnalité est importante, mais complexe à mettre en uvre, car l'inégalité règne dans la société du XIXᵉ siècle en raison de la scission entre aristocrates et roturiers. L'ambition de cette thèse est de prouver que la réflexion d'Esquirou de Parieu en matière de fiscalité est aussi novatrice que sa pensée monétaire, tout en l'explorant à travers sa vision de la construction européenne et en mettant en lumière des concepts de taxation pertinents pour les débats contemporains sur l'intégration fiscale en Europe, afin de réaffirmer son importance dans les recherches académiques modernes.