Les droits catégoriels sont inscrits au cur des préoccupations fondamentales de protection des droits de l'homme. Élevées au rang des sujets de thèse de doctorat, d'ouvrages et d'articles scientifiques, de conférences et colloques, les droits catégoriels font ainsi l'objet d'une mobilisation doctrinale particulière autour des problématiques qu'ils génèrent. Pourtant, du point de vue de leur appréhension notionnelle et de leur systématisation, ces droits catégoriels fascinent encore par les interrogations dont ils font l'objet. En effet, bien que diversement passés au scanner de la doctrine, les droits catégoriels dans les systèmes de protection internationaux et supranationaux, s'illustrent par une relative convergence de leurs approches et méthodes, des principes qui les régulent, des politiques qui les sous-tendent; induisant en conséquence, les linéaments d'une certaine théorie générale dont il convient de vérifier la réalité. De ce fait, l'étude peut être comptée à la fois du point de vue théorique, heuristique et pratique. Il s'agit d'ailleurs de démontrer que la diversité des groupes sociaux concernés par les droits catégoriels, la diversité des instruments juridiques sur les objets juridiques qui s'y rapportent, à savoir les femmes, les enfants, les personnes handicapées, les personnes âgées, les migrants, n'occultent pas la convergence des fondements idéologiques qui les sous-tendent et l'orientation inclusive qui est la leur. Il s'agit par ailleurs de restituer les droits catégoriels dans leur dimension idéologique par l'auscultation des fondements théoriques et des orientations idéologiques de leur aménagement, de même que la convergence des méthodes de systématisation qui, combinée à certains fondements contextuels de leur émergence, invite à une véritable conceptualisation des droits catégoriels et à la définition d'une théorie générale. Cette théorie générale pourrait souffrir cependant d'une instabilité liée à l'insécurité juridique induite par la superposition, la conjonction et l'articulation d'un ensemble d'instruments qui, tout en se complétant, interrogent sur leur lisibilité, leur cohérence, à la fois du point de vue vertical et du point de vue horizontal. En tout état de cause, l'étude est abordée suivant une démarche méthodologique reposant sur le positivisme sociologique. Prenant en compte l'adéquation du droit formel à la pratique, et les facteurs qui ont concouru à l'édification des instruments juridiques, cette approche permet de concilier dans une même étude l'exégèse, la casuistique et même la sociologie du droit. Une meilleure systématisation des droits catégoriels dépend fortement de la théorie autour de laquelle ils sont bâtis. Celle-ci permet de fixer les enjeux, d'éclairer les hypothèses, d'établir les fondements à valeur explicative qui favorisent leur ancrage. S'employer à la recherche d'une telle théorie, sur la base des données juridiques, factuelles et doctrinales, s'avère être un exercice ambitieux.