Le procès pénal est, comme tout procès, le plus souvent appréhendé à travers les parties. Ce sont ces dernières qui, par leur impulsion, introduisent l’instance et participent à la recherche de la vérité afin de forger l’intime conviction du juge. Pourtant, il est des personnes qui, sans être parties, bénéficient du droit d’influer sur une instance en cours ou sur un jugement rendu. Ce sont les tiers ; ceux qui, par définition, sont extérieurs à l’instance. L’assureur, le civilement responsable, les fonds de garantie, le propriétaire d’un bien saisi ou confisqué voire la victime non constituée partie civile sont autant de tiers auxquels la procédure pénale offre des droits. Ces différents droits convergent vers un seul et même but : permettre au tiers de réagir à l’atteinte que la procédure pénale menée en son absence porte, ou pourrait porter, à ses intérêts personnels. Une étude globale des droits du tiers s’avérait nécessaire afin de mieux comprendre les liens que peut entretenir le tiers avec le procès pénal. Plus que l’identification de ces droits, la thèse propose d’expliquer leur attribution en procédure pénale et de les regrouper dans un ensemble unique, qui dépasse cette seule matière et se retrouve dans l’ensemble du droit processuel. Reconnu de manière singulière en procédure pénale, le droit de réaction du tiers ne se retrouve pas toujours sous des formes pertinentes. L’étude des droits du tiers, rassemblés sous l’appellation de droit de réaction, est une invitation à (re)penser les catégories procédurales de tiers, de partie, d’instance et d’action en procédure pénale, mais encore de théoriser les mécanismes réactionnels tels que l’intervention