I. Présentation A. Qu'est-ce que l'initiative ? L'initiative peut être définie en premier lieu comme un point de départ : celui qui en est doté est le premier à faire quelque chose, à mettre en action une idée, une intention, un projet, une compétence. Cette initiative relève souvent d'une décision personnelle et individuelle de débuter une action ou un processus, mais la décision peut également être collective. Peu de définitions existent pour « initiative ». L'initiative, qui renvoie au latin initiare (initier, instruire, commencer), est à envisager dans un processus. Dans une conception liée à la connaissance et au savoir, l'initiateur est un savant qui met « au fait d'usages, de pratiques qu'on ignore ; qui instruit de ce qui reste ignoré du plus grand nombre ». Ce second sens peut aussi être rapproché de celui d'« inculquer les rudiments d'une discipline, donner les premiers éléments d'un art, d'une science, d'une technique ». Dans la sphère religieuse, initier c'est « introduire à la connaissance et à la participation » . En dehors d'elle, c'est « mettre au fait d'une affaire, d'une science, d'un art, d'une profession ». C'est en 1567 qu'on lui attribue officiellement la signification d'« action de celui qui entame le premier quelque affaire ; prendre l'initiative ». Dès 1790, elle est reconnue comme un véritable droit . À partir de 1800, on parle de « liberté de choisir » et de « disposition à entreprendre ». La définition de l'initiative semble s'adapter aux enjeux politiques et juridiques de l'époque qui la définie. Elle a fluctué sans pour autant s'éloigner de celle qu'on lui donne aujourd'hui . L'adjectif qui l'accompagne, à savoir « initiatif », désigne quant à lui « ce qui a le caractère de l'initiative » ; et son adverbe initialement, « au commencement ». De manière périphérique, le terme « initial » correspond une nouvelle fois à ce « qui est au commencement ». L'acteur principal de l'initiative est appelé « initiateur », « celui ou celle qui initie ». Il est aussi, comme indiqué plus haut, celui qui va apprendre aux autres. Finalement, il est celui qui sait le premier. Cette faculté à délivrer certaines connaissances témoigne d'une autorité à cet égard (pris dans le sens auctoritas). Une telle autorité jaillirait tant des compétences et des expériences de l'initiateur que de la reconnaissance de tous de cette compétence. B. L'initiative en droit constitutionnel français : Lato sensu, le droit public est rattaché au droit du fonctionnement et de l'organisation de l'État . Il se compose essentiellement du droit constitutionnel, droit de base qui organise les organes de l'État ainsi que leurs rapports. À ses côtés, le droit administratif sera le droit produit par ses agents qui permettra de mettre en uvre les lois et règlementera les situations individuelles de la population. En droit constitutionnel, l'initiative aura tendance à être identifiée selon l'agencement des trois principaux pouvoirs constitutionnels. Ils agiront dans le cadre des prérogatives que les constituants ont entendu leurs reconnaître. Le produit de ces choix traduit en effet l'acception et l'organisation de la séparation des pouvoirs, elle-même fonction des besoins et des nécessités d'action des institutions. Ces organes ont été bénéficiaires de certaines théories développées à travers le temps afin de leur offrir une capacité juridique et permettre leur action. Ce droit d'initiative, ce pouvoir d'initier peuvent donc être étudiés au travers de l'organe à qui on en reconnaît un. Dans ce cas, l'initiative sera un attribut de sa qualité d'organe. Elle peut aussi être étudiée par rapport aux missions que l'organe s'est vu confiées. La source d'un tel droit d'initiative peut être identifiée par la qualité propre de l'organe ou encore à travers l'accomplissement des objectifs de sa compétence. Dans ce second cas, le droit d'initiative lui serait distribué en considération des missions à sa charge et justifierait des initiatives imprévues . Au sein du système constitutionnel français actuel, la complexité règ