Cette thèse analyse les relations économiques des entités à statut étatique contesté, c’est-à-dire celles qui, sans être pleinement reconnues comme Etat, disposent pour la plupart d’une effectivité gouvernementale certaine et entretiennent des échanges économiques avec des tiers. A partir des cas de Taïwan, du Kosovo, de la Palestine, du Sahara occidental, du Somaliland, de la République turque de Chypre (RTCN), de l’Abkhazie, de l’Ossétie du Sud et de la Transnistrie, la recherche interroge la relation réciproque entre la prétention étatique de ces entités et leurs relations économiques. La première partie examine la façon dont la revendication de la qualité d’Etat influence la capacité de ces entités à nouer des relations économiques et à s’insérer dans la société internationale. La seconde partie montre, à l’inverse, dans quelle mesure ces relations, sans constituer une reconnaissance de facto de leur qualité d’Etat, contribuent à renforcer leur effectivité, à consolider leur statut et à légitimer leur prétention étatique sur la scène internationale. A la croisé du droit international public et du droit international économique, cette étude met en évidence le rôle ambivalent des relations économiques : tout en reflétant les limites du système international fondé sur la reconnaissance d’Etat, elles constituent également un levier d’affirmation, de consolidation et de légitimation de la prétention étatique des entités concernées – sans toutefois leur permettre d’acquérir la qualité d’Etat en droit international.