Les villes russes sont, depuis une dizaine d'années, au cœur des réformes visant à instaurer, au niveau infra-régional, l'"auto-administration locale". Ces réformes, qui avaient vocation à s'appliquer à toutes les villes, ont eu d'importantes incidences sur leur statut juridique et leurs institutions. Toutefois, en raison notamment des obstacles posés à leur accomplissement par la plupart des pouvoirs régionaux, elles sont loin d'avoir permis aux agglomérations urbaines de bénéficier d'une décentralisation véritable et uniforme dans l'ensemble du pays. D'une part, en effet, si la majorité des villes sont considérées comme des "formations municipales" et censées disposer, à ce titre, de la très large autonomie reconnue par les textes et par la jurisprudence de la Cour constitutionnelle, un nombre croissant d'entre elles échappent à l'application de l'auto-admi- nistration locale pour être placées sous la subordination des autorités régionales. D'autre part, la tendance est à la différenciation du statut des villes. Elles sont ainsi réparties, selon leur importance administrative et territoriale, entre des catégories soumises à des régimes distincts, qui sont fixés par la législation régionale. Certaines d'entre elles, estimées "stratégiques" par le pouvoir central - les villes d'importance fédérale, les villes fermées et les villes scientifiques -, font, de leur côté, l'objet d'un véritable statut particulier.