On assiste un peu partout dans le monde aujourd’hui à un mouvement de réforme des finances publiques nationales. Dans les pays d’Afrique centrale, particulièrement au niveau des Etats, la réforme financière a lieu avec l’adoption par la CEMAC, le 19 décembre 2011, d’un Cadre Harmonisé des Finances Publiques (CHFP). Le but poursuivi est d’améliorer la gestion financière desdits Etats, particulièrement du Gabon, en leur proposant un nouveau modèle de gouvernance financière prenant appui sur celui de l’entreprise. On parle à cet effet de la gestion financière par la performance. Dans cette optique, le CHFP de la CEMAC se présente comme un instrument juridique communautaire réellement innovateur en matière de gestion des finances publiques puisqu’il procède, en introduisant la logique de performance dans le secteur financier public, à une modernisation des cadres budgétaire et comptable des Etats d’Afrique centrale. Par ailleurs, si le CHFP de la CEMAC recherche la performance de la gestion financière des pays d’Afrique centrale notamment du Gabon, il est tout aussi possible qu’il puisse, par le même fait, favoriser plus largement la réforme de l’Etat ; d’une part, en organisant le passage d’une administration bureaucratique à une administration managériale, d’autre part, en rééquilibrant les rapports entre les pouvoirs publics constitutionnels que sont les pouvoirs exécutif, législatif et juridictionnel. Toutefois, en vue d’inscrire les Etats d’Afrique centrale dans une véritable culture de la performance il est nécessaire que certaines conditions normatives et institutionnelles soient mises en œuvre.