A défaut de pluralisme, la Pologne connaît une pluralité de partis politiques. Le tripartisme, qui associe au pouvoir du Parti communiste (POUP) les démocrates (SD) et le paysans (PPU), est parvenu à surmonter l'effervescence politique des années 1980 comme l'instauration de l'état de guerre. L'existence même du tripartisme répond à l'importance de couches sociales peu perméables au socialisme (paysans, commerçants, certaines formes de l'intelligentsia). La permanence du tripartisme à la polonaise s'explique par le fait qu'il est par lui-même un système institutionnel, régi par ses propres règles de conduite mais ausi par le fait qu'il constitue un système d'idéologie et d'action dirigé vers les strates de la société polonaise. Les partis tiers visent à prendre en compte une spécificité sociale en gérant les intérêts des «classes moyennes», à charge pour eux d'y diffuser et d'y entretenir l'idéologie socialiste. Ils sont un trait d'union entre le noyau dur que représente le POUP et une nébuleuse sociale toujours tentée de s'en éloigner. Le système institutionnel du tripartisme repose ainsi sur une fragile dialectique entre l'impératif idéologique et la nécessité d'une certaine autonomie au profit des partis alliés.