En droit de l’Union européenne, l’encadrement de la situation du ressortissant d’État tiers dépend de son statut. Il peut ainsi être : un travailleur hautement qualifié, un membre de la famille d’un citoyen de l’Union, un étudiant, un chercheur, un réfugié, un résident de longue durée, un demandeur d’asile ou une personne en situation irrégulière... Par ailleurs, ces régimes de protection spécifiques sont aussi influencés par les normes internationales, bilatérales, européennes, communautaires et nationales. On assiste ainsi, au sein de l’Union, à la création de plusieurs « mini-socles » de protection des ressortissants d’États tiers et cette fragmentation des protections tend à faire de l’égalité un principe relatif.L’identification d’un dispositif unique de consécration d’un socle commun minimal de protection est de ce fait souhaitable. Cet exercice d’édification, quoique complexe, permet de mettre en exergue les valeurs d’égalité, de justice sociale et de dignité humaine qui fondent l’Union européenne. La mise en œuvre de ce socle commun minimal permet aussi par ailleurs de garantir aux ressortissants d’États tiers, y compris ceux en situation irrégulière, des droits économiques et sociaux incompressibles. Dans une Union de plus en plus confrontée aux crises, économiques et sanitaires, le socle commun minimal doit marquer le renouveau de la construction d’une Europe sociale à travers des voies inexplorées ou insuffisamment mobilisées pour que cette construction soit aussi inclusive de tous les ressortissants d’États tiers.