À l’instar des autres parties du monde, l’Afrique, singulièrement dans sa zone subsaharienne, s’est retrouvée confrontée au phénomène du terrorisme auquel elle a dû faire face de manière plutôt inattendue. N’ayant pas été préparé à affronter ce péril en raison du manque d’anticipation stratégique, la réaction du continent s’est faite sous la pression des circonstances en deux temps. Tout d’abord, répondant à la brutalité et à l’ampleur du phénomène caractérisé alors par l’occupation de territoires entiers par les groupes terroristes, la riposte a initialement été militaire nécessitant la mobilisation de tous les outils conventionnels dont disposaient les armées des pays impactés. L’élaboration d’alliances bilatérales ou multilatérales, incluant des partenaires extérieurs au continent, a cependant vite soulevé la question de leur base juridique. S’est alors imposé pour l’immédiat, non sans difficultés, le recours aux anciens accords de défense, revisités pour la circonstance, et aux mémoires d’entente conjoncturels. Puis, soucieux d’actionner dans le cadre de cette lutte les dimensions préventives et curatives, les États ont mobilisé, pour les adapter aux outils existants – notamment de coopération judiciaire et d’extradition – les dispositifs prévus par les multiples instruments de coopération élaborés initialement pour faire face à des menaces telles que le trafic des ALPC, la piraterie maritime et le mercenariat. Dans un deuxième temps, le front opérationnel étant stabilisé, s’est enclenché un véritable processus de construction juridique à travers des mécanismes novateurs, élaborés dans le cadre des organisations d’intégration économique, particulièrement en Afrique Centrale et de l’Ouest. L’approche communautaire africaine a cependant ceci de particulier que les outils juridiques ainsi établis visent essentiellement à neutraliser les soutiens du terrorisme identifiés à l’instar de son financement et du blanchiment de capitaux. Elle ignore ainsi les actes de terrorisme directs, lesquels demeurent traités comme de simples faits de criminalité transfrontalière organisée ; posture dans laquelle la sous-région d’Afrique de l’Est est demeurée relativement à la lutte antiterroriste. Au point de vue de leur efficacité, et en conséquence de ce qui précède, les dispositifs communs de lutte ont produit des résultats plutôt mitigés. Ceci étant accentué par une réticence certaine des Etats à l’égard de tout projet de coopération avancée dans ce domaine. En attendant l’avènement d’un véritable droit régional antiterroriste, il a été préconisé de mettre l’accent sur la coordination aussi bien des actions réglementaires menées par les CER que des opérations conduites sur les différents théâtres. A l’occasion, le rôle crucial du CPS a été mis à jour et a permis de relever l’impératif de revitaliser et d’opérationnaliser son outil militaire essentiel qu’est le Comité d’état-major.