La protection sociale désigne l'ensemble des mécanismes collectifs de prévoyance et de solidarité qui visent à protéger les individus contre les conséquences financières des principaux risques sociaux. Ces risques comprennent notamment la maladie, les charges familiales, la vieillesse, le handicap, la pauvreté et les difficultés liées au logement. Elle constitue aujourd'hui un élément essentiel de la vie des citoyens et un pilier fondamental de l'État moderne. Dans la société contemporaine, L'État est un acteur clé dans le domaine de la protection sociale. Il produit des textes juridiques, exerce une tutelle sur les différents organismes concernés (ex : organismes de sécurité sociale) et finance en partie la protection sociale par des impôts et taxes affectés ou des subventions budgétaires.De plus, l'État a joué un rôle clé dans la naissance de la protection sociale. C'est précisément parce que, entre la fin du XIXᵉ siècle et le milieu du XXᵉ siècle, la nécessité d'une intervention de l'État dans le domaine social s'est peu à peu imposée dans les esprits, qu'ont finalement vu le jour les grands systèmes de protection sociale que nous connaissons aujourd'hui. Après la Seconde Guerre mondiale, la plupart des pays ont instauré un système de protection sociale, dans lequel l'État a joué un rôle central. En France, la création du système de sécurité sociale par ordonnance en 1945 a marqué la formation progressive de l'État-providence ; mais, à partir de la fin des années 1970, avec le ralentissement économique et les difficultés budgétaires, l'intervention de l'État a eu tendance à s'affaiblir. En Chine, après la fondation de la République en 1949, un système de protection sociale fondé sur le « système des unités de travail » a été mis en place, l'État assumant directement une responsabilité fortement centralisée ; puis, à la suite des réformes et de l'ouverture, la disparition progressive de ce système a conduit à l'édification d'un dispositif de protection sociale à plusieurs niveaux couvrant l'ensemble des zones urbaines et rurales, où l'État conserve néanmoins un rôle dominant. Il apparaît ainsi que, tant en France qu'en Chine, l'État demeure le pilier essentiel de la protection sociale, mais que son rôle s'adapte en permanence aux évolutions économiques et sociales. Actuellement, tant en Chine qu'en France, le responsabilité de l'État dans la protection sociale est confronté à une transformation et à un ajustement plus profonds. En France, sous l'effet de facteurs tels que l'instabilité du marché du travail, l'évolution des normes d'emploi, le vieillissement de la population et les transformations des modèles familiaux, on observe depuis les années 1990 un tournant antilibéral, qui s'est traduit par une forte hausse de la demande d'intervention de l'État dans la protection sociale. Cependant, dans un contexte de pressions budgétaires et de faiblesse de la croissance économique, l'État peine à assumer durablement, dans le cadre actuel, le financement des dépenses de retraite et de santé, et il lui est également difficile de compenser les risques sociaux par la création d'emplois. Dès lors, la responsabilité de l'État en matière de protection sociale tend à s'affaiblir et se trouve progressivement partagée avec des acteurs privés, tels que les assurances complémentaires, les organisations sociales ainsi que les individus eux-mêmes. En Chine, on observe une contradiction similaire. En raison du système politique, la protection sociale demeure fortement dépendante de la direction de l'État. Depuis le début du XXIᵉ siècle, la forte croissance économique a nourri de fortes attentes de la population à l'égard de l'intervention publique dans ce domaine. Toutefois, face à la précarité du marché du travail, au vieillissement démographique et à la baisse du taux de fécondité, l'État doit, d'un côté, maintenir son rôle central en matière de protection sociale, mais, de l'autre, il transfère progressivement certaines responsabilités au marché et aux acteurs privés. Cette évolution entraîne des situations de carence ou d'insuffisa