Le terme " contrepartie " innerve l'ensemble du droit privé sans qu'aucune étude générale n'ait jamais été menée à son égard. La contrepartie fait essentiellement écho, dans l'esprit des civilistes, à la notion de cause, dans la théorie de laquelle elle s'intègre. Pourtant, si elle appartient assurément, dans l'inconscient collectif, au vocabulaire causaliste, les juristes ne cherchent pas véritablement à savoir pourquoi la cause est définie à partir de ce vocable. En outre, la contrepartie fait l'objet d'erreurs et de confusions quant au sens que le discours doctrinal lui accorde. Il convient alors de rechercher pourquoi et depuis quand la contrepartie s'est frayée une place de choix dans la théorie de la cause et de découvrir l'exacte signification de ce terme. Cependant, la contrepartie semble également être utilisée dans des hypothèses où la cause ne transparaît pas en filigrane. Une autre finalité paraît alors être assignée à la contrepartie, complétant son rôle de contribution à la notion de cause et témoignant de son émancipation à son égard. Le droit du travail constitue à ce titre le domaine dans lequel l'émancipation est mise en lumière. Un phénomène récurrent y est constaté, consistant, tant pour le législateur que pour la Chambre sociale de la Cour de cassation, à imposer aux employeurs d'allouer des contreparties aux salariés dans un certain nombre d'hypothèses. Quelle préoccupation anime ces diverses règles légales et prétoriennes ? En quoi la cause ne constitue pas le fondement de la contrepartie ? De la confrontation de ces analyses se dégage une dualité notionnelle de la contrepartie en droit privé, malgré une certaine unité conceptuelle.