L'efficacité est définie, en droit, comme un mode d'appréciation des conséquences des normes juridiques et de leur adéquation aux fins qu'elles visent (A.-J. Arnaud). Si cette définition se rapporte à l' « efficacité », elle est transposable, a fortiori, à l'efficacité procédurale. À la lumière de cette définition, par conséquent, l'efficacité procédurale serait davantage un outil d'évaluation au service des juristes, qu'un objectif politique. Cependant, depuis la fin du XXème siècle, la recherche de l'efficacité est un leitmotiv guidant les réformes des procédures pénale, civile et administrative. En ce sens, la quête de l'efficacité motive les réformes procédurales, en France et ailleurs en Europe. Dans ce contexte, l'auteur identifie un objectif d' « efficacité procédurale ». Tel est le cas en procédure pénale, où la poursuite de l'efficacité est une priorité du législateur français. Ce constat interroge : l'efficacité procédurale est-elle un objectif pertinent de politique criminelle ? Afin de répondre à cette problématique, l'auteur propose une théorie de l'efficacité procédurale, appliquée à la procédure pénale. Pour le dire autrement, l'auteur définit l'efficacité procédurale et éclaire les notions qui la sous-tendent, grâce à une réflexion en matière pénale. Les deux notions clés de l'efficacité procédurale sont ainsi identifiées dans la thèse : les « impératifs procéduraux » influençant la recherche de l'efficacité procédurale, dans un premier temps ; les « effets procéduraux » dont l'évaluation permet d'apprécier l'efficacité procédurale, dans un second temps. Ces notions sont indétachables de l'étude de l'efficacité procédurale : elles en sont le support nécessaire. C'est pourquoi la démonstration emporte leur analyse, dans les deux parties de la thèse. L'examen des impératifs procéduraux est, en l'occurrence, triplement utile : pour comprendre l'immixtion de l'objectif d'efficacité dans les réformes procédurales, d'abord ; pour rendre compte des enjeux motivant sa quête, ensuite ; pour critiquer les usages spécieux de cet objectif, enfin. L'examen des effets procéduraux sert, de manière complémentaire, à déterminer si l'efficacité procédurale est un objectif évaluable et atteignable. De la sorte, l'analyse de ces deux notions, en matière pénale, permet de conclure sur la pertinence de l'efficacité procédurale, en tant qu'objectif de politique criminelle. D'un point de vue doctrinal, l'enjeu de la thèse se dessine plus précisément. En ce sens, la théorisation de l'efficacité procédurale entraîne un essai de définition. L'appréhension de l'efficacité, à travers le prisme de la procédure pénale, apparaît nouvelle. Pour autant, la définition proposée ambitionne d'être transposable au-delà de la procédure pénale : l'harmonisation de la notion d'efficacité procédurale, en droit privé, est une perspective envisagée. Par suite, la théorie élaborée contribue à l'appropriation de l'efficacité par le droit. Elle participe, de la sorte, au détachement de cette notion à l'égard des sciences économiques. La démonstration confirme, en outre, l'intérêt d'une distinction, en droit, entre l'efficacité et ses concepts voisins, tels que l'effectivité ou l'efficience. Ergo, cette étude approfondie de l'efficacité procédurale intéresse la théorie du droit. Cependant, l'enjeu de la thèse ne se limite pas à la théorisation de l'efficacité procédurale. Son apport concerne, directement et concrètement, la procédure pénale. Directement d'abord, la démonstration conduit à identifier les impératifs sous-tendant la procédure pénale. Plus précisément, elle expose leur influence sur la recherche, par le législateur, de l'efficacité, en matière pénale. De la sorte, la thèse entreprise éclaire les dynamiques contemporaines de la procédure pénale, à l'aune de la quête de son efficacité. Concrètement ensuite, l'étude de l'efficacité procédurale présente un intérêt pratique. En ce sens, la démonstration amène à interroger l'efficacité en procédure pénale et ses modes d'évaluation. D'un côté, l'auteur dégage les facteu