Dénoncer le faible pourcentage des sanctions pénales en droit des affaires est devenu aujourd'hui monnaie courante. Pourtant, si le droit répressif se doit de punir tous les types de délinquance - "les grandes escroquerie financières comme les petits vols" - l'absence d'application du droit pénal n'apparait pas nécessairement comme une anomalie. Encore convient-il, pour en juger librement ainsi, de réfuter toute conception qui tendrait à analyser la réponse pénale comme une réponse exclusive. Des lors, examiner les raisons qui favorisent cette ineffectivité parait être un exercice des plus intéressants. Qu’elles résultent de la discrétion des milieux d'affaires ou de l'existence de techniques de dérivation, ces raisons permettent en effet de porter sur l'absence d'application du droit pénal un tout autre jugement. L’ineffectivité des sanctions pénales semble pouvoir alors s'analyser, non plus comme "un phénomène morbide", mais comme la marque indéniable de l'efficacité des techniques de dérivation instaurées en droit des affaires. Si cette efficacité n'est pas sans susciter quelques risques, de devenir de l'ineffectivité parait néanmoins assuré. Comment le contester ? la place naturelle du droit pénal est moins en première ligne qu'en dernier ressort. Réserve aux comportements les plus blâmables, le droit répressif demeure ainsi "le dernier rempart oppose au pouvoir insolent, immoral et corrupteur de l'argent".