La notion d'accompagnement s'est progressivement imposée dans le droit français, en particulier à partir des années 2000, sous l'effet de la transformation des politiques sociales. Pilier central de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, elle symbolise l'évolution d'un État-providence vers un « État-service », mobilisant des politiques d'activation et une logique de responsabilisation des individus. Derrière l'apparente neutralité de ce terme se cache une profonde mutation du rapport aux bénéficiaires des politiques sociales, sommés de devenir acteurs de leur propre insertion. Si cette notion s'est largement diffusée dans le langage législatif et réglementaire le terme « accompagnement » apparaissant plus de 800 fois dans les codes de la protection sociale, du travail et de l'action sociale , elle reste juridiquement floue, dépourvue de définition légale ou réglementaire. Ce flou fait émerger la nécessité de dégager une définition juridique précise, en s'interrogeant sur la manière dont le droit appréhende ce concept, largement emprunté au langage des politiques publiques et aux pratiques professionnelles. La première étape de la recherche consiste à identifier le sens juridique de la notion d'accompagnement à partir de ses manifestations les plus formalisées dans le droit social : les dispositifs d'accompagnement. Pour cela, la méthode de la définition stipulative, théorisée par Michel Troper, est mobilisée. Elle repose sur l'analyse des objets juridiques désignés par le terme d'« accompagnement », afin d'en extraire les caractères distinctifs. Une définition de la notion juridique d'accompagnement en droit social peut alors être identifiée. Elle se définit alors comme une relation créée par un acte juridique spécifique entre un accompagnant et un accompagné, visant l'insertion sociale ou professionnelle. Deux configurations coexistent : l'une conditionnelle, où l'accompagnement repose sur des obligations réciproques sanctionnables, traduisant une logique de responsabilisation et de contrôle ; l'autre unilatérale, où seule l'obligation d'accompagner pèse sur le professionnel, dans une logique de protection et de soutien à l'autonomie. Cette définition révèle une tension entre deux conceptions de la solidarité. Toutefois, elle reste incomplète pour saisir la réalité de l'accompagnement, qui dépasse le cadre contractuel pour s'inscrire dans des pratiques encadrées par des normes professionnelles, déontologiques et institutionnelles, nécessitant d'intégrer l'analyse des actes matériels d'accompagnement. Toutefois, elle reste incomplète pour saisir la réalité de l'accompagnement, qui dépasse le cadre contractuel pour s'inscrire dans des pratiques encadrées par des normes professionnelles, déontologiques et institutionnelles, nécessitant d'intégrer l'analyse des actes matériels d'accompagnement. Cette démarche révèle que ces dispositifs reposent sur deux conceptions différentes de l'accompagnement. Deux configurations coexistent : l'une conditionnelle, où l'accompagnement repose sur des obligations réciproques sanctionnables, traduisant une logique de responsabilisation et de contrôle ; l'autre unilatérale, où seule l'obligation d'accompagner pèse sur le professionnel, dans une logique de protection et de soutien à l'autonomie. Cette définition révèle une tension entre deux conceptions de la solidarité. Par ailleurs, l'étude de la qualification juridique de ces dispositifs met en lumière leur nature hybride. Ils empruntent au contrat certaines apparences (engagement des parties, consentement formalisé), mais sans remplir les exigences classiques: le consentement est contraint, le déséquilibre structurel est assumé, et le droit commun de l'inexécution est largement inapplicable. Ces « figures contractuelles» brouillent la frontière entre contrat, acte administratif et instrument de politique publique. Elles interrogent sur la cohérence des catégories juridiques traditionnelles face à l'évolution des formes d'action sociale. Toutefois, la définition trouvée reste incomplète pour saisir la réa