Introduction La vie en société, animée par les relations économiques des individus qui la composent, ne peut se dérouler sans un encadrement juridique garantissant sa cohésion. En effet, droit et société sont indissociables, car le premier a pour vocation de refléter, incarner et accompagner l'évolution de la seconde à chaque étape. Ainsi, pour répondre aux besoins d'une société en pleine mutation, le droit doit se réinventer et se réformer au rythme de cette évolution. De ce fait, avec le développement des nouvelles technologies et, en parallèle, celui du commerce électronique, il est devenu nécessaire d'adapter le droit à cette nouvelle réalité sociale. En effet, le début du 21e siècle se caractérise par une concurrence marquée entre les contrats conclus en face-à-face et ceux souscrits par voie numérique. Du contrat oral à l'écrit papier, nous assistons aujourd'hui à une dématérialisation des contrats, tant dans leur formation que dans leur exécution . Cette révolution s'est accompagnée d'une modernisation des moyens de paiement pour faciliter la mise en uvre des contrats, quel que soit leur support. Ainsi, des instruments de paiement sur support papier avec une signature manuscrite, tels que la lettre de change, le billet à ordre ou le chèque, nous sommes passés à des moyens de paiement de plus en plus dématérialisés . En effet, pour assurer la confiance des acteurs au commerce électronique, il est devenu plus que jamais nécessaire de trouver une solution garantissant la sécurisation des transactions car le défi majeur de la dématérialisation des relations contractuelles réside dans l'imputation des engagements à leur auteur. Il est d'ailleurs fréquent, dans le domaine bancaire et financier, que des clients contestent l'authenticité d'un acte qui leur est imputé, au motif que celui-ci a été réalisé par un tiers, à leur insu : la fraude bancaire . En fait, des escrocs opérant dans le monde numérique ont recours à des techniques de fraude de plus en plus sophistiquées au grand malheur des consommateurs et des acteurs du commerce électronique consistant à usurper l'identité d'une personne pour souscrire ou exécuter une transaction en son nom, mais à son insu avec des conséquences financières non-négligeable . D'ailleurs, selon la Banque centrale européenne (BCE) et l'Autorité bancaire européenne (ABE), La valeur totale des opérations frauduleuses (virements, prélèvements, paiements par carte, retraits d'espèces et transactions en monnaie électronique) dans l'EEE s'est élevée à 4,3 milliards d'euros en 2022, et 2,0 milliards d'euros au premier semestre 2023. En valeur, la majeure partie des fraudes sur les paiements sont liées aux virements et aux paiements par carte ; les paiements par carte représentant également la majorité des fraudes en volume. Au premier semestre 2023, la fraude à la carte impliquant des cartes émises dans l'EEE a représenté 0,031 % 1 de la valeur totale et 0,015 % du nombre total de paiements par carte. Des taux de fraude similaires ont été observés pour les transactions en monnaie électronique (0,022 % en valeur et 0,012 % en volume). Les taux de fraude sont nettement plus faibles pour les autres instruments, en particulier les virements (0,001 % en valeur et 0,003 % en volume) . Ainsi, pour surmonter cet obstacle afin d'assurer une sincérité aux transactions électroniques, il est donc fondamental, avant de conclure tout engagement contractuel en ligne, de procéder à l'authentification des cocontractants afin de garantir l'imputabilité de l'acte aux souscripteurs. C'est dans cet ordre d'idée que s'inscrit notre sujet qui porte sur une thématique cruciale de la société moderne : L'authentification de l'utilisateur d'un service bancaire et financier en ligne. Cette réflexion a pour but de démontrer l'importance de l'authentification électronique aussi bien dans le cadre de la formation des contrats en ligne que dans l'exécution des opérations de paiement électronique. En effet, la notion d'authentification est devenue, avec la dématérialisation des transactions, le sésame du numéri