Depuis le retrait du plus important mécène du Domaine de Chantilly en 2020, ayant entraîné la dissolution de la Fondation pour la Sauvegarde et le Développement du Domaine de Chantilly (FSDDC) la même année, celui-ci est géré par l’Institut de France. Pourtant, les particularités de cette institution publique ne permettent pas au Domaine de bénéficier de subventions conséquentes pour son fonctionnement et son développement. Partant de ce constant, ce mémoire analyse de quelle façon le mécénat représente un levier de financement nécessaire pour assurer la préservation et la restauration du patrimoine au château de Chantilly, et pour lui permettre de développer ses projets. Dans un premier temps, le financement du Domaine est assuré jusqu’en 2005 par l’action des grands mécènes historiques de Chantilly, avec en tête Henri d’Orléans, duc d’Aumale. C’est en effet lui qui, au XIXe siècle, enrichit considérablement les collections du château de Chantilly, tout en le faisant reconstruire après qu’il sa destruction lors de la Révolution française. Son objectif est d’en faire un écrin pour ses riches collections de peintures anciennes et son immense bibliothèque, constamment enrichie de précieux manuscrits. C’est également à lui qu’on doit le Domaine tel qu’on le connaît aujourd’hui, disposant du musée Condé, ouvert à tous. En effet, sans héritiers, il donne à l’Institut de France l’intégralité de ses collection et lui lègue cet exceptionnel patrimoine dès son vivant, lui transmettant par le même coup sa gestion. Ce geste fondateur d’une grande générosité est pourtant un défi de taille pour le nouveau gestionnaire, puisqu’un tel Domaine suppose d’énormes financements simplement pour son maintien en l’état. L’Institut de France a pu renouer avec l’histoire ancienne qui lie le Domaine au mécénat, notamment grâce à l’essor que connaît celui-ci suite aux diverses lois facilitant les dons et les défiscalisant, surtout après la loi Aillagon de 2003. Entre 2005 et 2020, la gestion des lieux passe aux mains de la FSDDC, présidée par Son Altesse l’Aga Khan, mécène exceptionnel qui fait don de 70 millions d’euros sur la période. Bien qu’important, ce mécénat ne suffit pourtant pas seul à développer les activités du Domaine. Cette période voit cependant l’essor du mécénat, facilité par la récente loi incitative de 2003. Le mécénat d’entreprise se développe fortement, de même que celui des particuliers, parfois organisés en Sociétés d’Amis comme c’est le cas pour les Amis du musée Condé, les American Friends of Chantilly ou encore les Friends of The Domaine de Chantilly. En plus de ces leviers financiers, le Domaine compte sur son activité commerciale (billetterie, privatisations, baux…) pour fonctionner, se maintenir et se développer. Après le départ de l’Aga Khan, suivi de la dissolution de la FSDDC, la question de la survie du Domaine est plus que jamais d’actualité. Le bilan de la Fondation est certes positif du point de vue des restaurations apportées au Domaine, mais on constate cependant toujours un déficit. La gestion repasse alors entre les mains de l’Institut de France. Souffrant des conséquences de ce retrait ainsi que de la pandémie de Covid-19, le Domaine doit plus que jamais compter sur le mécénat. On s’appuie alors sur tous les types de mécénat (financier, en nature, de compétences…) pour stabiliser la situation. Les entreprises répondent présentes et certaines fondations font de même. Cela est dû aux stratégies mises en place par le Domaine en direction des mécènes, particuliers comme entreprises : il s’agit notamment de leur proposer des projets cohérents par rapport à leurs attentes et de construire une relation de confiance avec eux. Malgré les succès rencontrés, le château de Chantilly voit se dresser de nouveaux défis pour l’avenir, ce qui est induit même par le fait que la recherche de mécénat doive constamment être renouvelée. Avec le départ de son plus important mécène et la dissolution de la Fondation, Chantilly cherche donc sans cesse de nouvelles sources de financement, se tournant vers le mécénat d'entreprise et i