Les praticiens dans le domaine de la restructuration, de l'insolvabilité et de la seconde chance. Etude de droit européen et comparé Les praticiens dans le domaine de la restructuration, de l'insolvabilité et de la seconde chance sont un élément clé d'un régime de prévention et de traitement des difficultés des entreprises efficace. D'une part, ils gèrent les actifs du débiteur ou en surveillent la gestion. D'autre part, ils représentent l'intérêt collectif des créanciers ou procèdent à la liquidation d'une entreprise. Par ailleurs, ils assistent également les tribunaux et sont tenus d'informer les parties à la procédure. En résumé, ces praticiens couvrent pratiquement tous les aspects des procédures de prévention ou de traitement des difficultés des entreprises. Le problème est que s'il existe des professionnels équivalents dans les vingt-sept Etats membres dont la fonction est de prévenir ou de traiter l'insolvabilité des entreprises, ils n'appartiennent pas à une profession homogène au sein de l'Union européenne (UE). En effet, ces professionnels appartiennent, selon les Etats membres, à des professions différentes : avocats, juristes, experts-comptables, comptables, gestionnaires, économistes, ingénieurs ou encore mandataires de justice. Ces praticiens sont habilités à intervenir dans le domaine des entreprises en difficulté en marge de la profession pour laquelle ils sont qualifiés ; d'autres sont exclusivement qualifiés pour l'exercice du traitement de l'insolvabilité. Ils appartiennent donc à des professions du droit et/ou du chiffre selon la finalité du droit des difficultés des entreprises. Or, les statuts des professionnels de la prévention et du traitement au sein de l'UE qui reposent sur des règles nationales apparaît en décalage par rapport à l'européanisation du droit de la restructuration, de l'insolvabilité et de la seconde chance. En effet, le règlement (CE) 1346/2000 du 29 mai 2000 entré en vigueur le 31 mai 2002 puis le règlement (UE) 2015/848 du 20 mai 2015 qui le remplace depuis le 26 juin 2017 relatif aux procédures d'insolvabilité traitent des questions relatives à la compétence, au droit applicable, à la reconnaissance et l'exécution des décisions en matière d'insolvabilité, ainsi qu'à la coordination des procédures transfrontières d'insolvabilité. Plus récemment, la directive relative aux cadres de restructuration préventive, à la remise de dettes et aux déchéances, et aux mesures à prendre pour augmenter l'efficacité des procédures en matière de restructuration, d'insolvabilité et de remise de dettes, et modifiant la directive (UE) 2017/1132 a été signée le 20 juin 2019. La proposition de directive vise à faire en sorte que tous les Etats membres mettent en place des principes clés applicables à des cadres efficaces de restructuration préventive et de seconde chance ainsi que des mesures rendant tous les types de procédures d'insolvabilité plus efficientes en réduisant leur durée et les coûts y afférents et en améliorant leur qualité. Dès lors que le droit des difficultés des entreprises devient européen, le statut des praticiens chargés de l'appliquer ne peut plus être envisagé dans un cadre exclusivement national. Se pose alors la question de l'harmonisation du statut des praticiens dans le domaine de la restructuration, de l'insolvabilité et de la seconde chance à l'échelle de l'UE. Si le législateur européen peine à organiser le rapprochement de ces statuts au sein des Etats membres, le droit comparé nous enseigne qu'un rapprochement spontané s'observe déjà autour de certains principes clés et normes. L'objet de cette thèse est donc de démontrer que la constitution d'un statut européen est nécessaire au bon fonctionnement du marché intérieur et de proposer la constitution d'un tel statut en s'appuyant sur les enseignements du droit comparé.