Entraperçue partout dans la jurisprudence pénale internationale, l’autorité se lit en filigrane à travers d’autres expressions, telles que le commandement, le contrôle, la supériorité hiérarchique ou encore la subordination. De ces notions exhale l’effluve de l’autorité sans jamais qu’elle ne soit formalisée. Si la hiérarchie constitue le cadre dans lequel les rapports d’autorité opèrent, le commandement n’est que l’expression militaire de l’autorité. Le contrôle sur les actes d’autrui ne traduit, quant à lui, que la finalité de l’autorité. Or, décorrélées de l’autorité, ces notions ne sont pas à même de régir l’ensemble des situations juridiques qui se présentent devant la justice pénale internationale. La présente étude se propose de faire émerger l’autorité comme une grille de lecture de la responsabilité. L’autorité ne doit plus rester dans l’ombre des concepts qu’elle chapeaute. Elle sert, d’une part, une meilleure appréhension des règles d’engagement de la responsabilité. Elle permet, d’autre part, une mise en évidence des degrés de responsabilité qui s’évaluent tant à l’aune de l’abus d’autorité que de la soumission à l’autorité. Dans le cadre de cette proposition, l’autorité se présente comme le curseur qui se déplace sur le fil de la responsabilité, indiquant son degré.