Cette thèse de création dont le maître objet est un moyen métrage – I Can Swim Home (I C S H) – s’inscrit dans le contexte du renouvellement des formes et des pratiques plastiques, dans un contexte où le climat général est en crise (environnement, sanitaire, économie, politique, institutionnel). Quels potentiels de l’art permettent-ils toutefois d’envisager un horizon commun ? Comment l’art et la recherche se proposent t-ils d’expérimenter et d’inventer des outils, des formes partageables, des alternatives concrètes pour renouveler nos modes d’échange, de partage, d’attention, d’adresse et d’imaginaire ? L’angle adopté dans ce doctorat ne consiste pas à recenser des formes plastiques au travers d’une histoire de l’art, mais à saisir ce qui, dans leur motif, relève du désir de « collectif » de l’artiste, et même du travail du « commun » comme œuvre principale. Il s’agit de revenir à cette vérité première de l’art comme « instauration » d’une communauté ouverte, tant par le concernement écologique de l’artiste que par son inscription dans une éthique du soin (care).De ce fait, le travail artistique oscille bien entre la polarité négative d’une crise de la production/reproduction à l’heure de l’Anthropocène et la polarité positive d’une quête d’identité par la pluralité des inscriptions environnementales et sociales de l’artiste. Quant aux pratiques mobilisées ici, en adéquation avec le parti-pris théorique,I Can Swim Home expérimente les voies de l’enquête sur la « reconnexion » (de l’artiste au milieu de l’art, de l’art au vivant) à partir de deux terrains méditerranéens, la Villa Arson et les Îles de Lérins. I Can Swim Home est une œuvre multiforme, constituée d’un film de fiction, de nombreux moments collectifs d’intensification de l’expérience esthétique, d’un carnet de recherche donnant libre cours aux intuitions et questionnements de l’artiste, et d’une analyse critique sur la pratique artistique mobilisant entités et personnes au bénéfice de l’invention plastique.