Qui dit « lucratif » dit avantageux. Cependant, dans le cas particulier de la faute lucrative, le lucre ou l’avantage économique n’est réservé qu’à son auteur, tandis que la perte, le préjudice, retombent sur l’autre partie ou encore sur la société en général. La défaillance du principe de réparation intégrale face au calcul rationnel et intelligent de la faute lucrative constitue effectivement l’attractivité économique de cette faute. La faute lucrative devient progressivement un problème essentiel du droit civil, dont le domaine s’étend de la contrefaçon à la concurrence déloyale, du droit de la personnalité au droit environnemental. La dissuasion contre cette faute est donc nécessaire mais aussi problématique dès lors que celle-ci exige une sanction dépassant la formule traditionnelle des dommages-intérêts compensatoires. Plusieurs solutions sont proposées et de multiples opinions juridiques divergent sur ce sujet. Dans ce contexte, cette thèse aborde la question de faute lucrative sous un angle comparatif, en mettant en regard deux cultures juridiques à la fois semblables et différentes : le droit français et le droit vietnamien. En effet, il est captivant d’examiner comment le Vietnam, dont le contexte juridico-économique constitue certainement un « terrain fertile » pour la faute lucrative, réagit jusqu’à présent à cette faute, bien que cette notion soit totalement absente dans son système. Par ailleurs, les débats sur la faute lucrative au sein du droit français, notamment à l’approche d’une grande réforme en matière de responsabilité civile, contribueront à enrichir la perception des juristes vietnamiens sur cette notion et apporteront des propositions d’amélioration de la législation vietnamienne en la matière.