Le ministère public reste l'une des institutions pénales les plus diversifiées en Europe. Il exprime en effet encore partiellement l'opposition historique entre les systèmes inquisitoires et les systèmes accusatoires. Organisée à partir de l'État, la procédure inquisitoire confia en effet très tôt un rôle de premier plan au titulaire de l'"action publique", tandis que de l'autre cote de la manche, la procédure restait fondée sur l'"accusation privée". Au-delà des fortes différences que met en évidence la comparaison du statut et des pouvoirs du ministère public sur le continent (en France et en Italie) et en Grande-Bretagne, certains rapprochements sont cependant déjà visibles. Les profondes transformations que connait chacun des systèmes pénaux envisagés semblent en effet s'ordonner autour de principes communs. Inscrits dans les textes supranationaux de protection des droits de l'homme et dans les constitutions nationales, et précisés par les juridictions européennes et constitutionnelles, ces principes pourraient ainsi constituer le fonds commun d'un possible modèle d'harmonisation qui préserverait les différences entre les systèmes tout en les rendant compatibles. Le projet de création d'un ministère public européen unifié en matière de protection des intérêts financiers de l'union européenne en examen devant les instances communautaires pourrait servir de guide pour préciser les conditions d'une telle harmonisation.