Haïti est une ancienne colonie française. Malgré son indépendance depuis plus de deux siècles, son administration est en majorité calquée sur le modèle français. Les premières élites intellectuelles d'Haïti ont, elles-mêmes été formées en France et n'ont connu que l'administration française, ce qui les conduit à diriger l'administration du pays en adoptant le modèle français. Voilà ce qui explique l'influence du droit français sur la justice haïtienne en général et sur la justice pénale en particulier. Depuis toujours aucun système juridique n'est autosuffisant. Le droit d'un pays pourrait être appliqué dans le système juridique d'un autre pays. On considère que le droit de ce pays influence la justice de l'autre pays. Cependant, cette influence doit être en harmonie avec les réalités sociétales du pays. Ainsi, on constate que le droit français depuis toujours influence le droit et la justice haïtiens au point qu'on considère le droit haïtien comme la copie conforme du droit français. Aujourd'hui, la justice pénale haïtienne est en cours de réforme dans un objectif de modernisation. Le nouveau code pénal et le code de procédure pénale haïtienne en sont les témoins. Cette modernisation s'impose afin de répondre à l'évolution de la société haïtienne. Au regard des textes du nouveau code pénal et du code de procédure pénale d'Haïti, présentés et publiés au journal officiel du pays (le Moniteur) par le pouvoir exécutif, il est visible que la justice répressive haïtienne serait sous l'influence du droit pénal français. Si le droit pénal français influence la justice pénale haïtienne dans sa modernisation actuelle, c'est pour pouvoir répondre aux exigences du moment. Devant les multiples enjeux de la modernisation de la justice pénale haïtienne, et face aux nombreuses lacunes qui rendre son accès difficile, les politiques se doivent d'entreprendre des actions urgentes et courageuses pour moderniser la justice et lui rendre son rôle de baromètre de l'État de droit. Il est ici question de recentrer les actions à mettre en uvre sur les problèmes auxquels se heurte quotidiennement la justice pénale haïtienne. Cependant, cette modernisation doit avoir pour fondement principal le rapprochement de la justice et des justiciables et permettre aussi sa pleine application ou adaptation en prenant en compte les structures socio-culturelles et économiques du peuple haïtien. Cette justice, déjà influencée par le droit pénal français, est souvent en adéquation avec la société haïtienne. Des nouveaux comportements délinquants commencent à se développer en Haïti et inquiètent la société haïtienne. Des gangs armés, des crimes cybernétiques à caractère transnational, des crimes de trafics d'organes humains et des crimes mystiques sont considérés comme des infractions nouvelles qui n'ont pas été prévues par la législation actuelle. Il est important de démontrer que ces comportements constituent une source d'insécurité en Haïti. Si en France, actuellement, les crimes mystiques ou surnaturels sont sanctionnés par la loi et encadrés par des structures légales, coiffées par une entité spéciale de la gendarmerie nationale française, c'est parce que le droit pénal français protège sa société. Ainsi, il est encore plus logique de reconnaître l'existence des crimes mystiques en Haïti, en tant que source d'insécurité. Le droit pénal doit venir apporter sa science, son pouvoir répressif, pour sanctionner ces comportements anormaux qui portent préjudice aux justiciables haïtiens.