D'abord théorisés par Henri Motulsky, qui les percevait comme un droit naturel dans la pratique jurisprudentielle, les droits de la défense sont aujourd'hui consacrés formellement dans de nombreuses sources. Au niveau national d'abord, les droits de la défense constituent un droit fondamental à caractère constitutionnel, l'un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République et également un principe général du droit. Au niveau supranational ensuite, il faut mentionner l'article 6 § 1 de la Convention européenne des droits de l'Homme qui consacre le droit à un procès équitable. D'autres textes viennent également consacrer les droits de la défense tels que l'article 10 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme du 10 décembre 1948 ou encore l'article 48 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Il est admis que les droits de la défense désignent des garanties procédurales ayant pour objet de permettre le respect du principe de défense, garantissant un procès équitable. Malgré les consécrations formelles et cette définition classique, les droits de la défense ne sont pas clairement identifiés par les textes, si bien que de nombreux chercheurs ont tenté de les énumérer et les classer comme tels, sans aboutir à un réel consensus. Concrètement, et sans prétendre à l'exhaustivité, les droits de la défense se matérialisent notamment par l'intermédiaire du droit à être entendu par un tribunal impartial et indépendant, du droit de disposer du temps et des moyens pour préparer sa défense, du droit d'avoir un conseil, du droit d'être représenté, du droit à l'égalité des armes, du droit au silence, du droit de ne pas s'auto-incriminer, du droit au double degré de juridiction, du droit au respect du principe du contradictoire
Pour tenir compte de l'extension du champ d'application des droits de la défense en matière sociale, il faudra adopter une définition large des droits de la défense. Alors, dans l'attente d'une définition propre à cette recherche, il sera provisoirement retenu la définition de Yannick Capdepon selon laquelle « une norme contenue dans un principe fondamental qui impose que toute personne partie à un pouvoir décisionnel unilatéral potentiellement défavorable à ses intérêts substantiels soit mise en mesure de soutenir ou de contester la prétention formulée par elle ou contre elle antérieurement à la prise de décision ». Cette étude entend aborder la question des droits de la défense dans le champ du droit social. Le droit social est une « branche du droit constitué par l'ensemble des règles régissant les relations du travail et englobant, dans l'opinion commune, la protection contre les risques ». Ainsi le droit social englobe le droit du travail et le droit de la protection sociale. Le droit du travail est composé, dans une acception large, du droit des relations individuelles et collectives de travail, du droit pénal du travail, et dans une certaine mesure, du droit de la fonction publique. Le droit de la protection sociale regroupe quant à lui le droit de la Sécurité sociale, le droit de l'aide sociale, le droit de l'action sociale et enfin le droit de la protection sociale complémentaire (mutualité, prévoyance
). Tous les droits de la défense trouvent à s'appliquer en matière sociale, et devront l'être tout au long des procédures contentieuses. Les droits de la défense peuvent également dépasser le simple droit processuel commun (conciliation, médiation
). Toutefois, une spécificité peut être soulignée en matière sociale, les droits de la défense pourraient se retrouver hors du champ du droit processuel. Il convient donc de mettre en exergue les moments où les droits de la défense se manifestent en droit du travail et en droit de la protection sociale. En droit du travail, une distinction s'opère selon que l'on adopte un point de vue interne ou externe à l'entreprise. D'un point de vue interne d'abord, les droits de la défense se retrouvent dans les procédures disciplinaires. Ces droits de la défense ressortent également des différents mécanismes p