Les progrès technologiques et la facilité avec laquelle l'on peut désormais sillonner le globe font qu'à bien des égards la terre est devenue ce village planétaire. La mondialisation et, plus précisément, l'émergence et l'expansion de la criminalité transnationale placent tous les systèmes judiciaires face à de nouvelles difficultés. Les délinquants sont mobiles et s'efforcent d'échapper à la détection, à l'arrestation et à la sanction en franchissant les frontières. Ils échappent à la capture en profitant de ces frontières et en misant sur la réticence fréquente des autorités à engager des enquêtes et des poursuites transnationales, qui sont complexes et coûteuses. Les moyens dont dispose chaque pays isolément pour faire face à certaines de ces menaces nouvelles ne sont pas suffisants, ce qui se traduit par une faiblesse généralisée du système international de coopération en matière pénale. Les principaux mécanismes qui sous-tendent la coopération internationale en matière pénale sont l'entraide judiciaire, l'extradition, le transfèrement de prisonniers, le transfert de procédures pénales, la coopération internationale aux fins de la confiscation du produit de la criminalité et le recouvrement d'avoirs. Ces mécanismes reposent sur des accords ou arrangements bilatéraux ou multilatéraux, ou dans certains cas, sur le droit interne. Un des problèmes qui se pose ainsi aux organismes de répression est lié au fait que la souveraineté, principe de base des relations entre États. Pour les criminels, en effet, la souveraineté sert souvent de bouclier, leur permettant de dissimuler des actions inavouables. Les organisations qui ourdissent des affaires criminelles dépassant les frontières et qui, ensuite, se dispersent et dissimulent le produit de leurs crimes aux quatre coins du monde, se jouent complètement des frontières nationales. En se dotant d'organisations transfrontalières ces groupes peuvent, justement, beaucoup mieux protéger à la fois leurs intérêts et leurs réseaux. Ils peuvent ainsi exploiter les différences entre systèmes de droit, profiter du manque de coordination entre les fonctionnaires de pays différents, exploiter le souci de souveraineté qui anime la plupart des États et, souvent, le fait que les divers pays ne parviennent pas à travailler de concert pour surmonter leurs différences. Des sujets divers de coopération internationale, celui qui a le plus évolué au cours de ces dernières années c'est l'entraide judiciaire, si l'entraide judiciaire a pu ainsi se développer, c'est que l'on reconnaît que la découverte et la répression de la criminalité et notamment celle qui est le fait d'organisations criminelles transnationales ne sont guère possibles si les États ne collaborent pas au chapitre de la réunion des preuves. Dans la mesure où le trafic des stupéfiants, les fraudes, les terrorismes, les crimes organisés, le blanchiment d'argent et toute une gamme d'autres infractions se jouent des frontières nationales, ceux à qu'il incombe de combattre cette criminalité doivent trouver les moyens efficaces de recueillir les preuves nécessaires qui, naturellement, se trouveront souvent au-delà de leurs propres frontières. Dans le domaine de la coopération internationale en matière pénale, l'entraide judiciaire est à la fois l'aspect qui se développe le plus rapidement et celui qui recèle le plus de complexités. Cet instrument de la coopération internationale est en progrès constant, ce qui est en soi une source de nouveaux défis, aussi bien pour les autorités répressives qui vont y recourir pour recueillir des preuves, que pour les autorités judiciaires à qui il appartient d'appliquer et d'interpréter les instruments et les dispositions qui ont mis en place les mécanismes d'entraide. Autrefois, pour accéder à de telles preuves, un pays ne disposait que des traditionnelles commissions rogatoires, transmises par les autorités judiciaires d'un pays aux autorités d'un autre État, par la voie diplomatique. Or, cette méthode s'est révélée à la fois trop lente et trop inefficace. Les commissions rogatoires ne permettai