L'impunité en droit pénal n'a cessé d'alimenter les débats de par le monde. De ce fait une question d'une importance particulière se pose : En quoi consiste l'impunité ? Selon Gérard CORNU, l'impunité est le fait de n'être pas puni, de se soustraire à la punition ou d'y échapper soit du fait des circonstances (faute de preuve), soit pour une raison de droit (immunité, prescription, amnistie, causes d'irresponsabilité). Elle signifie tout simplement l'absence de sanction pénale contre une violation d'une règle de droit et l'auteur de cette violation reste impuni. D'autres auteurs définissent l'impunité comme l'ensemble des mesures et pratiques par le biais desquelles les États, d'une part, manquent à leur obligation d'enquêter, de juger et de sanctionner les responsables de violations des règles de droit et, d'autre part, font obstacle au droit des victimes et de leurs proches de connaître la vérité. Les mécanismes de l'impunité par le droit sont basés sur la méthode qui consiste à donner à l'impunité une façade légale soit par l'utilisation des règles de droit comme les causes d'irresponsabilité pénale et la prescription, soit par le recours aux mesures de clémence comme l'amnistie et la grâce. En approfondissant l'étude il nous apparaît que l'impunité peut soit découler de l'irresponsabilité pénale (I), soit se conjuguer avec la responsabilité pénale (II). I- L'impunité, conséquence de l'irresponsabilité pénale. La responsabilité pénale se définit comme l'obligation de répondre des infractions commises et de subir la peine prévue par les textes qui les répriment. Elle concerne un fait volontaire ou non volontaire qui trouble l'ordre public sans causer obligatoirement de préjudice, à la différence de la responsabilité civile. La norme légale étant censée protéger l'ordre public, son trouble va engendrer l'exercice d'un recours par l'État. Ainsi, toute personne, qu'elle soit physique ou morale, a, en principe, vocation à voir sa responsabilité engagée dès lors qu'elle commette une infraction. Toutefois, pour être constituée, une infraction doit présenter deux éléments : L'élément matériel (l'auteur doit avoir commis une action ou une omission réprimée par la loi) L'élément moral (l'infraction procède nécessairement de l'intention coupable de son auteur ou d'une faute commise par ce dernier) Cependant, il ne suffit pas qu'une personne commette une faute pour être pénalement responsable. Il faudrait, aussi, qu'elle ne bénéficie d'aucune cause d'irresponsabilité. La responsabilité pénale requiert que le délinquant commette une faute (culpabilité) et que cette faute puisse lui être imputée (imputabilité). Dans certaines hypothèses, en présence des causes d'irresponsabilité, la responsabilité pénale du délinquant peut être mise en échec. Parmi ces causes, certaines sont subjectives et d'autres objectives. En ce qui concerne les causes subjectives d'irresponsabilité pénale, celles-ci, peuvent s'entendre comme des causes de non-imputabilité de l'infraction à celui qui l'a commise. Parce que la responsabilité pénale vient sanctionner par une peine l'auteur d'une infraction, elle ne peut se concevoir que pour les individus capables de comprendre et de vouloir leurs actes. Par contre, la responsabilité pénale des individus incapables de le faire sera écartée. Dans cette hypothèse, c'est l'élément moral de l'infraction qui sera neutralisé de sorte que la responsabilité pénale de l'auteur ne pourra être retenue. Les causes subjectives de non responsabilité font disparaître l'imputabilité et par conséquent la responsabilité et la peine, mais non la culpabilité qui persiste toujours. Si l'échec de la responsabilité pénale en cas des causes subjectives d'irresponsabilité est dû à l'absence de l'un des éléments constitutifs de l'infraction et plus précisément l'absence du l'élément moral. Cette responsabilité peut dans d'autres cas n'est pas être retenue alors que tous les éléments constitutifs de l'infraction sont réunis. C'est le cas précisément lorsqu'il existe une cause objective d