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Clémence Guimont

Maîtresse de conférences, Science politique.

Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne · Ecole de Science politique de la Sorbonne Centre Européen de Sociologie et de Science Politique — CESSP
Université Paris 1 - Panthéon SorbonneEcole de Science politique de la SorbonneCentre Européen de Sociologie et de Science Politique

Actualités scientifiques

Colloque
18 sept. 2023 · Aubervilliers

Publications scientifiques

  • Thèse

    THESE
    Politique(s) du vivant. : la fabrique territoriale des politiques de biodiversité dans le Nord-Pas-de-Calais (1992 –2020), soutenue en 2020 à Université de Lille 20182021 sous la direction de Anne-Cécile Douillet, membres du jury : Céline Granjou (Rapp.), François-Mathieu Poupeau (Rapp.), Ève Fouilleux, Jacobo Grajales Lopez et Patrick Hassenteufel    

    Politique(s) du vivant. La fabrique territoriale des politiques de biodiversité dans le Nord-Pas-de-Calais (1992 –2020). Depuis les années 1990, la crise de biodiversité, en tant que disparition accélérée d’espèces et d’écosystèmes en raison des activités anthropiques, devient un problème public et plusieurs politiques se développent sur le territoire du Nord-Pas-de-Calais. Elles prennent la forme de politiques de connaissance scientifique, d’aménagement du territoire ou encore de gestion savante (introduction d’espèces, gestion d’espaces naturels). À partir d’entretiens et de l’étude d’archives institutionnelles, cette thèse étudie les processus politiques et administratifs de mise en politique de la biodiversité sur un territoire d’échelle régionale. L’analyse se situe à la croisée de la sociologie de l’action publique et de la sociologie politique environnementale, dans le souci d’intégrer les caractéristiques biologiques et comportementales du vivant à l’étude de la fabrique des politiques de biodiversité.La thèse met en exergue le rôle structurant de l’expertise scientifique et du cadrage naturaliste dans les politiques de biodiversité, les dispositifs de gestion écologique étant co-produits par les acteurs politiques, administratifs et associatifs du territoire. Elle montre également un processus de chosification du vivant qui s’explique par l’hétéronomie des politiques du vivant: les contraintes politiques et administratives non liées à la préservation du vivant pèsent en effet fortement sur l’élaboration de ces politiques. Pour autant, l’étude des interactions entre la mise en œuvre des politiques de biodiversité et le vivant met au jour des réactions de certaines espèces, qui rappellent que le vivant n’est pas réductible à sa chosification. Enfin, l’étude de l’organisation politique et administrative des politiques de biodiversité donne à voir la sectorialisation différenciée du problème intersectoriel de la crise de biodiversité et met en avant les difficultés politiques des acteurs territoriaux à représenter le vivant et à en défendre les intérêts sur la scène politique. Cette recherche est non seulement une contribution à l’analyse de la fabrique politico-administrative des politiques territoriales, elle participe aussi d’une réflexion sur l’épistémologie de la sociologie politique pour étudier les politiques environnementales.

  • Ouvrages

    Clémence Guimont, Philippe Boursier (dir.), Écologies: le vivant et le social, La Découverte, 2023, Hors collection Sciences Humaines, 622 p.  

    Les crises écologiques multiples frappent avec une intensité croissante les écosystèmes, les groupes humains et non humains. Sous la pression du temps qu'elles gaspillent et des intérêts dominants qui les orientent, les sociétés mettent en péril leur propre survie et l'habitabilité de la planète. Il est donc impératif d'assumer le défi d'un grand virage écologique émancipateur. Se croisent ici, avec rigueur et clarté, des approches issues des sciences sociales et des sciences de la nature, pour éclairer les processus qui précipitent les dévastations du vivant et exacerbent les inégalités. Sont aussi explorées les manières désirables et réalistes de prévenir, d'atténuer, d'empêcher les désastres mais aussi de vivre mieux. Ce livre porte la voix des écologies qui œuvrent à une véritable critique des dominations et du statu quo. Deux approches sont articulées : l'une, intersectionnelle et anticapitaliste, ancrée dans la dynamique des mobilisations sociales ; l'autre, plus attentive aux liens que les sociétés humaines tissent avec le vivant non humain. Écoféminismes, extractivisme, racisme environnemental, politiques publiques, finance verte, cause animale ou droits de la nature sont autant de sujets décisifs abordés avec lucidité

    Clémence Guimont, Guilhem Anzalone, Gilles Bazin, Hubert Bosse-Platière, Gérard Chouquer [et alii], Les mutations récentes du foncier et des agricultures en Europe, Presses universitaires de Franche-Comté, 2020, Normes et pratiques foncières et agricoles dans le monde, 294 p.  

  • Chapitres d'ouvrage

    Clémence Guimont, Rémy Petitimbert, Gabrielle Bouleau, « Chapitre 5. Imaginer les recompositions territoriales autour de la biodiversité du canalSeine-Nord Europe. L’heuristique de la crainte dans la détermination de futurs possibles », in Sophie Bonin (dir.), Infrastructures de transport créatives. Mieux les intégrer aux écosystèmes, paysages et territoires :, Quae, 2024   

    Clémence Guimont, Bruno Villalba, « L’espace politique agricole français (1945-2015) », in Chouquer G., Maurel M.-C. (dir.), Les mutations récentes du foncier des agricultures en Europe :, Presses universitaires de Franche-Comté, 2019, pp. 53-74 

  • Articles

    Clémence Guimont, « Les politiques régionales de biodiversité à l’épreuve de l’alternance », Gouvernement & action publique, Presses de sciences po, 2023, n°4, pp. 31-51 

    Clémence Guimont, Rémy Petitimbert, Bruno Villalba, « La crise de biodiversité à l’épreuve de l’action publique néolibérale »: Introduction au dossier thématique Perte de biodiversité, New Public Management et néolibéralisme, Développement durable et territoires, Réseau « Développement durable et territoires fragiles », 2018, n°3   

    Clémence Guimont, Bruno Villalba, « La crise de biodiversité à l’épreuve de l’action publique néolibérale », Études rurales, Éditions de l'École pratique des hautes études, 2017, n°200, pp. 8-17 

  • Communications

    Clémence Guimont, « Alternance politique, continuité administrative ? », le 18 septembre 2023 

    Colloque organisé par Kévin Bernard, Tanguy Levoyer et Raphaëlle Sors et co-financé par l'Institut de Recherche Interdisciplinaire en Sciences Sociales (IRISSO, Université Paris-Dauphine, PSL) et l'Institut de Recherche Interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS, Ecole des hautes études en sciences sociales, EHESS)

Encadrement doctoral

  • Membre du jury

    Sébastien Walczyszyn, Ce qu'il faut démontrer ˸ les solutions fondées sur la nature, soutenue en 2023 à université ParisSaclay sous la direction de Jean-Paul Vanderlinden et François Gemenne présidée par Philippe Le Guern, membres du jury : Philippe Zittoun (Rapp.), Amandine Orsini (Rapp.), Joana Guerrin   

    Inspirée par des travaux récents d'analyse discursive de l'action publique, cette thèse centre son analyse sur un objet original, l'activité interprétative des cadres publics chargés de la mise en œuvre d'un programme d'actions environnementales. L'interprétation désigne ici l'ensemble des procédés que mobilisent les agents pour produire simultanément une séquence d'action et sa signification. Elle s'appuie sur un travail administratif de production et de légitimation de liaisons référentielles entre des concepts d'action publique et des interventions techniques localisées.Empruntant également une partie de son cadre théorique aux sociolinguistes, elle approche cet objet à travers l'étude de la carrière de l'expression « Solutions Fondées sur la Nature » (SFN), qui circule dans l'interdiscours administratif des politiques environnementales depuis une dizaine d'années. Elle explore la constitution progressive du contenu doxique de ce concept ainsi que les effets de son interprétation en actes par une coalition d'acteurs nationaux, dans le cadre d'un programme dit de « démonstration » mené par l'Office Français pour la Biodiversité et ses partenaires. L'approche et les cas d'études choisis permettent de sortir des modèles classiques de compréhension des sites de démonstration comme des living lab, niches expérimentales servant d'étapes sur la trajectoire de changement d'échelle d'innovations, pour considérer plutôt le travail de production culturelle de la signification de l'environnement dans l'espace public.La thèse montre le rôle de l'invention et de la mise en circulation de « SFN », en tant que formule (A. Krieg-Planque), dans la construction progressive d'un énoncé de solution faisant de la « nature » un adjuvant instrumental de l'action publique. Celle-ci a permis une cascade de recouplages (P. Zittoun), jusqu'au niveau local, entre des techniques d'ingénierie écologique déjà éprouvées et un problème public occupant le centre de l'agenda politique environnemental, la question climatique.Elle montre également qu'en combinant des praxèmes (J. Brès), briques de construction discursive rendues disponibles par la sélection de certains motifs (G. Bouleau), les cadres intermédiaires peuvent composer des coalitions interprétatives, dont la cohésion est d'abord fondée sur la mutualisation d'opportunités et de contraintes sémantiques communes. Les acteurs du programme démonstrateur ne partagent pas nécessairement des objectifs, des intérêts, ou des croyances, mais un ensemble de contraintes descriptives liées à l'impératif d'emploi d'un même motif, la « solution fondée sur la nature », pour donner sens à leur action. La cohésion et la force de ces coalitions interprétatives reposent sur leur capacité à produire non pas des projets multifonctionnels, mais des dispositifs polysémiques.De ce point de vue, l'enquête a révélé l'existence de marges de manœuvre interprétative certaines, mais qui demeurent assez peu utilisées par les agents observés. Malgré certaines formes de créativité dans la construction en actes du sens de la formule SFN, des contraintes sémantiques fortes sont adoptées volontairement et a priori, sur la base du prédiscours normatif accompli au préalable par des acteurs extérieurs à la coalition. L'auteur de cette thèse y voit l'effet d'asymétries dans la capacité des différents échelons à contrôler le sens de l'action locale, liées à l'utilisation d'instruments tels que les appels à projets, et aux représentations de la gouvernance par les acteurs eux-mêmes.La thèse conclue donc à la nécessité de réévaluer la contribution à l'analyse de l'action publique de l'étude du travail sémantique accompli au quotidien par les agents administratifs. De la capacité d'un motif à faire sens pour les cadres intermédiaires publics qui le mobilisent dépendrait ainsi son parcours ultérieur et sa faculté à produire des effets dans le cadre politiques publiques qui l'emploient.