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Sarah Kolopp

Maître de conférences, Science politique.

Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne · Ecole de Science politique de la Sorbonne Centre Européen de Sociologie et de Science Politique — CESSP
Université Paris 1 - Panthéon SorbonneEcole de Science politique de la SorbonneCentre Européen de Sociologie et de Science Politique

Actualités scientifiques

Journée d'étude
8 nov. 2021 · Paris

Publications scientifiques

  • Thèse

    THESE
    Le Trésor et ses mondes (1966-1995) : contribution à une sociologie relationnelle de l'État, soutenue en 2017 sous la direction de Michel Offerlé présidée par Brigitte Gaïti, membres du jury : Jean-Michel Eymeri-Douzans (Rapp.), Pierre François (Rapp.), Valérie Boussard et Herrick Chapman   

    Entre histoire du capitalisme, sociologie des élites et sociologie de l’État, cette thèse prend pour objet le rôle de la direction du Trésor – direction phare du ministère des Finances – dans la fabrique de « mondes » à la fois hybrides et intégrés d’institutions, de réseaux et d’acteurs, aux sommets du pouvoir et au croisement entre État et affaires, administration et économie, public et privé. A partir d’une enquête mêlant entretiens biographiques, base prosopographique et fonds d’archives publics et privés, elle explore les mécanismes concrets par lesquels la direction du Trésor produit du flou, du flux et de la hiérarchie au sein de ses mondes, dans une configuration historique précise (milieu des années 1960- milieu des années 1990). La thèse est organisée selon trois niveaux d’analyse des relations entre le Trésor et ses mondes. Au niveau écologique – celui des alliances – elle montre la transformation des coalitions de soutien du Trésor pour peser dans l’État, du Plan à la « place », organisant les modalités du ralliement de la direction aux réformes libérales à partir des années 1960. Au niveau institutionnel, elle analyse les échanges qui forgent la porosité entre le Trésor et ses mondes, et les contraintes institutionnelles qui leur donnent sens et forme, et montre que la direction du Trésor fonctionne alors comme une entreprise de placement. Au niveau individuel, elle analyse la construction des carrières dominantes (de la « grandeur ») au sein des mondes du Trésor, et les liens d’obligation, de cooptation et de parrainage sur lesquelles elles s’appuient. La thèse contribue, ainsi, à documenter les formes d’indifférenciation des activités qui caractérisent les sommets de l’État.

  • Chapitres d'ouvrage

    Sarah Kolopp, Emilie Biland, « Haute fonction publique », Rencontres avec Michel Offerlé :, Editions du croquant, 2018 

  • Articles

    Sarah Kolopp, Caroline Bertron, « The scholar, the wealthy and the powerful: notes on academic culture in elite-focused fieldwork », Journal of Education and Work, Taylor & Francis (Routledge), 2017, n°2   

    Sarah Kolopp, Emilie Biland, « La fabrique de la pensée d’État »: Luttes d’institution et arrangements cognitifs à l’ENA (1945-1982), Gouvernement & action publique, Presses de sciences po, 2013, n°2 

  • Communications

    Sarah Kolopp, Rafael Cos, « Sous les pavés, la place. La fabrique de l’universel dans le plan de soutien aux banques françaises lors de la crise financière de 2008 », 16ème Congrès national de l’AFSP, Lille, le 05 juillet 2022 

    Sarah Kolopp, « Les femmes dans le corps préfectoral », le 08 novembre 2021 

    Organisée pour le CERSA, Université Panthéon-Assas / CNRS et l'IHEMI par Natacha Gally, Maîtresse de conférences à l'Université Panthéon-Assas (Paris2), CERSA et Pierre André Peyvel, Préfet honoraire, IHEMI.

Encadrement doctoral

  • Membre du jury

    Nicolas Bina, Diriger une administration centrale. Prosopographie de l'encadrement dirigeant de l'État en France (1990-2025), soutenue en 2025 sous la direction de Cécile Vigour présidée par Jean-Michel Eymeri-Douzans, membres du jury : Delphine Dulong (Rapp.), François-Xavier Dudouet (Rapp.), Camille Bedock et Natacha Gally  

    A la charnière des ministres, des cabinets et des administrations qu'ils et elles dirigent, les directeurs et directrices d'administrations centrales occupent des fonctions méconnues de l’encadrement de l'Etat en France. A la croisée des travaux sur les institutions et l’Etat, sur les élites et sur le genre, cette recherche éclaire la fonction, la socialisation, les parcours et les pratiques de ces personnes nommées en Conseil des ministres. En prenant l'acte de nomination dans ces fonctions comme point de départ d'une étude longitudinale des carrières, cette thèse analyse les trajectoires et les caractéristiques socioprofessionnelles de toutes les personnes nommées à ces postes entre le 1er janvier 1990 et le 1er janvier 2025, sur l’ensemble des ministères (n = 1 446). Basée sur un dispositif d'enquête par méthodes mixtes, la thèse repose notamment sur l’analyse d'une base de données inédite et d’une vingtaine d’entretiens semi directifs avec des directeurs et directrices (anciennement) en poste. Construite selon la progression d'une carrière (origines géographiques, parcours d’études et de carrières, pratiques professionnelles et marges), cette recherche constitue la prosopographie complète d’un groupe social au sommet de l’Etat et présente les ressorts des socialisations communes de ses membres. L’accès à ces fonctions relèvent d’une articulation de capitaux nombreux et divers, accumulés au cours des trajectoires individuelles. « Fils de la République » ou issus de la noblesse d’Etat, les individus concernés ont des origines plus diverses que ne le laissent penser les travaux sur les sommets de la fonction publique. Alors que l’examen des parcours d’études fait apparaître trois catégories (généralistes, spécialistes et techniques), l’analyse longitudinale des carrières met en évidence huit types de trajectoires qui portent l’empreinte des pôles ministériels. Les cabinets ministériels, comme lieu d’exercice professionnel et comme environnement d’interactions quotidiennes, ne constituent pas une condition sine qua non de nomination à ces postes. Cette recherche montre également les pratiques quotidiennes de travail, dont le cœur ne diverge pas significativement selon les ministères, et la féminisation contrariée de ces environnements, qui continuent de reproduire des inégalités de carrière, malgré la présence (récente et) plus nombreuse de directrices. L’étude des marges de ces fonctions offre un regard nouveau sur des aspects méconnus d’environnements administratifs perçus par la puissance de leurs attributs et dessine les contours d’une élite dominée. Les directeurs et directrices d’administrations centrales apparaissent finalement comme un espace social particulier au cœur et aux contours de l’Etat, structuré selon des logiques à la fois généralistes et spécialistes, organisées autour des corps et des fonctions, selon six sous-groupes sociaux. En étudiant pour la première fois une fonction unique dans toutes ses composantes, par le haut et par les pratiques, cette recherche montre les apports des méthodes prosopographiques employées et dresse des perspectives de recherches fécondes pour appréhender d’autres groupes professionnels et institutions.