Le Commissariat à la Justice de la France libre est créé avec le Comité National Français (CNF), à Londres, en septembre 1941. Un premier service de la Justice de la France libre apparaît cependant dès l’été 1940, avec l’arrivée du professeur René Cassin à Londres, qui assure notamment la rédaction de l’accord du 7 aout 1940, ainsi que les négociations en vue d’installer des juridictions militaires françaises libres en Grande-Bretagne.
Le Commissariat à la Justice est un des commissariats constituant le CNF, chargé d’assurer la suppléance du gouvernement républicain de la France. Dirigé dans un premier temps par René Cassin, il réunit des juristes français présents à Londres (Pierre Tissier, Jean Burnay, Manfred Simon, André Gros, etc.), et comprend différents services : une direction de la Justice, un service des avis juridiques, un service de chancellerie, un service de documentation, etc.
Le Commissariat compte diverses attributions : organisation de la justice coloniale et de la justice militaire, élaboration et publication de la législation de la France libre, mise au point de la législation transitoire en vue de la Libération. Ses agents représentent la France dans les différents comités interalliés qui débattent de la mise au point d’un nouveau droit international.
A partir du printemps 1943, la France Libre change de dimension avec l’établissement de Comité Français de Libération Nationale (CFLN), à Alger. Le Commissariat à la Justice est confié à Jules Abadie puis à François de Menthon. Le Commissariat d'Alger assure de nouveau l'organisation des services juridictionnels de l'Empire mais aussi le rétablissement de la légalité républicaine sur les territoires libérés et prépare les différentes dispositions juridiques, transitoires ou non, qui doivent accompagner la libération de la France métropolitaine. Il participe, en outre, aux travaux des comités des Nations Unies sur la répression des criminels de guerre.