La notion d'emploi est pluridimensionnelle. La nécessité de circonscrire l'objet de la recherche s'impose, elle peut être orientée par l'idée de protection. Il semble ainsi ressortir de l'étude que, tout en recouvrant des niveaux de compréhension différents, la notion d'emploi permet de synthétiser les composantes d'une situation juridique de travail subordonné. Mais, il apparaît surtout que la notion d'emploi porte, en elle-même, des intérêts qui aboutissent à caractériser un statut protecteur. Toutefois, la reconnaissance de ce droit au maintien dans un emploi ne vaut que pour autant qu'il est juridiquement attaché à l'occupation d'un emploi objectivé par un contrat de travail à durée indéterminée. L'emploi, porteur d'une fonction propre, est donc un objet saisi, en soi, par le droit du travail. Ce constat et l'évolution du droit positif invitent ainsi à considérer, dans leur ensemble, des règles qui se manifestent en faveur de la protection de l'emploi. Cette construction peut s'articuler autour de la reconnaissance d'un lien d'emploi propre à rendre compte d'un ensemble de droits-défense" que le salarié peut opposer à l'employeur lorsqu'un acte est susceptible de mettre en cause sa situation juridique d'emploi. Ce sont par exemple, le devoir d'adaptation du salarié à l'évolution de son emploi ou l'obligation de reclassement qui sont à la charge de l'employeur. Cette tendance récente du droit du travail accentue la différenciation entre les situations juridiques de travail. Cependant, la précarité, propre aux formes atypiques de travail, qui affecte désormais les situations d'emploi, tend, aussi, d'un point de vue socio-économique, à les rapprocher. Ainsi, la confrontation de l'économique au juridique conduit la doctrine à penser le travail subordonné dans d'autres statuts que celui de l'emploi. Les propositions doivent être examinées parce qu'elles interrogent la construction d'un droit de l'emploi.