La coopération intercommunale est, après l'échec répète des fusions de communes, le seul moyen de remédier aux inconvénients de l'éclatement de la structure locale française. Le législateur et le réformateur ont manifesté, lors de la création des communautés urbaines, des communautés de villes et des communautés de communes et lors de la rédaction du rapport Guichard, le souhait de doter ces communautés d'une finalité politique dépassant la simple intercommunalité technique (de type syndicat de communes) jusqu'alors mise en œuvre. Cette vocation politique conduit-elle les communautés à incarner une nouvelle forme de coopération intercommunale? L'analyse des textes instituant les communautés et des statuts des structures mises en place conduit à conclure que les communautés ne sont pas un nouveau concept institutionnel, mais incarnent en revanche une nouvelle conception politique de l'intercommunalité. Elles ne sont que des établissements publics de coopération intercommunale classiques, utilises comme tels par les élus, et ne constituent donc pas une nature institutionnelle originale, entre épic et collectivité territoriale. En outre, tant leurs modalités de création que de fonctionnement interdisent de voir dans les communautés un nouveau modelé de démocratie locale. Cependant, les communautés incarnent un nouveau concept de coopération politique. L’organisation de leurs compétences dans des domaines stratégiques de développement et d'aménagement leur confère un rôle politique supra communal. Leur cohérence géographique fait des communautés un instrument d'aménagement du territoire des plus efficaces. Enfin, tant leurs ressources propres, gage d'efficacité, que leur structure fiscale, instrument de péréquation, donnent aux communautés la capacité d'une véritable politique financière locale. Le développement de cette intercommunalité politique est susceptible d'entrainer la réforme de la structure administrative territoriale française.