Cette thèse examine les pharmacies de ville en France, qui voient leur nombre diminuer tout en diversifiant leurs activités pour répondre aux défis du vieillissement et de la prévention.Le chapitre 1 étudie les conséquences à long terme des fermetures de pharmacies sur l'accessibilité spatiale. Les résultats montrent qu'à l'horizon 2050, la distance moyenne pour accéder à une pharmacie devrait augmenter modérément. Cependant, la proportion de la population sans pharmacie dans sa commune pourrait doubler, passant d'un sixième à un tiers, augmentant ainsi la dépendance aux transports motorisés, un obstacle majeur pour les personnes âgées à mobilité réduite. Le chapitre souligne aussi que la charge de travail des pharmacies pourrait croître de plus de 40 %, ce qui pourrait, selon la littérature, dégrader la qualité des délivrances de médicaments et freiner la diversification des missions des pharmacies, comme la vaccination.Le chapitre 2 analyse l'effet de l'implication des pharmacies dans la vaccination contre le COVID-19. Si la France est le premier pays à l'avoir autorisé, cette intervention a été comparée à d'autres pays européens, notamment l'Italie, qui impose également des restrictions sur l'installation des pharmacies. En Italie, l'implication des pharmacies a permis d'améliorer la couverture vaccinale de la première dose, au détriment de la deuxième dose, alors qu'une contrainte d'approvisionnement en vaccins existe.Le chapitre 3 s'intéresse aux choix des pharmaciens titulaires concernant l'extension de la liste des vaccins administrés en pharmacie. Une expérimentation à choix discrets montre qu'ils sont favorables à cette extension et à l'implication des préparateurs dans la vaccination antigrippale, mais réticents à les inclure pour les nouveaux vaccins ou à recourir à une prescription médicale préalable. Concernant la rémunération, le montant de 9,60 euros par injection est jugé insuffisant, les pharmaciens valorisant cette prestation à 16 euros.