Cette thèse interroge comment la mise en place et la structuration d’une ingénierie culturelle départementale inédite en Haute-Garonne, travaillant à l’impulsion de relations de coopérations avec des parties-prenantes diverses, telles que les intercommunalités, renouvelle le déploiement de la politique culturelle départementale et se fait au profit du renforcement du développement culturel territorial. Ce processus s’inscrit dans le cadre des recompositions multiples qui touchent aux politiques culturelles territoriales, faisant émerger des enjeux de coopérations territoriales et intersectorielles, et est observé dans un département marqué par des disparités territoriales fortes. Depuis la loi NOTRe (2015), qui reconfigure les périmètres intercommunaux, renforce les Départements dans leur rôle de chef de file en matière de Solidarités, affirme la responsabilité partagée de l’action culturelle et enjoint à la mise en œuvre des droits culturels, le rapprochement entre ces deux échelons apparaît opportun quand il est avéré depuis plusieurs années dans certains départements. Pour autant, les modalités d’articulation sont variables d’un système territorial à l’autre, d'autant plus que les marges de manœuvres financières sont très différenciées dans le cas des collectivités départementales. En 2021, ces modalités de coopérations avec les territoires infra-départementaux et la structuration de méthodes utiles à la territorialisation restent à inventer et à expérimenter pour le Conseil départemental haut-garonnais, dont les ambitions politiques d’ouverture et de Dialogue citoyen tendent à faire muter les modalités d’intervention et les caractéristiques de son ingénierie. A partir du cas haut-garonnais observé sous un angle original (CIFRE en aménagement du territoire), cette thèse propose une grille d’analyse renouvelée du développement culturel territorial, permettant de mieux comprendre comment les relations de coopérations et le recours à l’analyse territoriale, constituent des ressorts permettant de faire basculer une politique culturelle cloisonnée et déployée selon des logiques descendantes, vers un modèle d’aménagement culturel départemental plus intégré et ancré dans les dynamiques culturelles territoriales.