En prenant pour objet la prévention spécialisée et ses multiples filiations (éducation spécialisée et éducation populaire), je cherche avant tout à montrer l’articulation de cette mission de la protection de l’enfance. D’abord autour des récits de vie personnels des éducateurs, puis par les histoires des quartiers arpentés, et des populations rencontrées. Cette recherche éclaire sur les représentations des professionnels de la rue dans la production de l’acte éducatif informel qui s’institue par le principe de libre adhésion. Elle donne aussi une perspective intéressante sur le sentiment d’abandon et de crainte des professionnels par l’action des politiques publiques en direction de leur corps de métier. Cette dimension du contrôle social par l’usage ascendant de données statistiques imposées aux travailleurs sociaux, pointe l’essentialisation de ceux qui n’ont comme seul objectif, l’acte de bienveillance dénué de toutes injonctions administratives et économiques. J’aborde aussi, la dimension, la description et l’usage des territoires comme lieu d’expression, ou l’espace public se transforme en lieu d’intimité, de confrontation, d’échange, de production des relations interpersonnelles entre les éducateurs de rue, les adolescents et les jeunes majeurs qui semble indispensable dans les fonctions et rôles attribués. Les professionnels acceptent de devenir les objets d’une relation où l’enjeu dépasse le traitement administratif de l’action sociale globale. J’explique aussi que l’appropriation d’un autre marqueur identitaire, celui de l’éducation populaire semble être aussi un vaste espace ressource entre l’éducateur de rue et l’animateur comme représentants d’une éducation spécialisée et populaire.