L'objet de ce projet doctoral consiste en une thèse sur les collectivités territoriales et leurs nouveaux modes de gouvernance, cela implique de faire intervenir une diversité de disciplines en termes d'objets scientifiques telles que le droit de la fonction publique, le droit des collectivités territoriales, la science politique, la science administrative, la gestion des ressources humaines territoriales, le management des organisations publiques et parapubliques. Les débuts de réflexion sur la gouvernance territoriale correspondent à la fois à la mise en place de dispositifs de développement local et des nouvelles structurations politico-juidiques dans les démocraties occidentales. La gouvernance connait de nombreux travaux hétérogènes puisque ceux-ci font appel à une hétérogénéité disciplines variées avec des significations mutliples tels que par exemple : l'économie ou la sociologie des organisations, l'économie du développement, la science politique ou encore l'administration publique. Historiquement le vocable de ' governance ' est apparu il y a plus d'un demi-siècle chez les économistes américains tels que Ronald Coase, jeune économiste, qui publiait en 1937 un article, ' The Nature of the firm ' dans lequel il explique que : « la firme émerge car ses modes de coordination interne permettent de réduire les coûts de transaction que génère le marché ; la firme s'avère plus efficace que le marché pour organiser certains échanges ». Cette thématique de gouvernance a été reprise par Olivier Williamson, qui définit : « la gouvernance comme les dispositifs mis en oeuvre par la firme pour mener des coordinations efficaces qui relèvent de deux registres : protocoles internes lorsque la firme est intégrée (hiérarchie) ou contrats, partenariat, usage de normes lorsqu'elle s'ouvre à des sous-traitants ». Le terme « corporate governance » va émerger par la suite dans les milieux d'affaires américains dans les années 80. A la fin des années 80, la notion est reprise dans les sciences politiques anglaises à l'occasion du financement par le gouvernement d'un programme de recherche sur le thème de la recomposition du pouvoir local. Plus globalement,le terme de gouvernance est la pour fonction de rendre compte des mutations de l'action publique. La gouvernance se définit de manière générale selon la doctrine dans une première acception : « comme un processus de coordination d'acteurs, de groupes sociaux, d'institutions, pour atteindre des buts propres discutés et définis collectivement dans des environnements fragmentés et incertains ». Dans une deuxième acception elle se définit comme : « nouvelles formes interactives de gouvernement dans lesquelles les acteurs privés, les différentes organisations publiques, les groupes ou communautés de citoyens, ou d'autres types d'acteurs, prennent part à la formulation de la politique » . Dans une troisième acception, la gouvernance : « met l'accent sur plusieurs types de transformation des modalités de l'action publique ». La gouvernance insiste dans sa philosophie sur l'interdépendance des pouvoirs associés à l'action collective. En effet, dans ce cadre la gestion des affaires publiques repose sur une constante interaction entre des acteurs diversifiés que sont notamment les institutions publiques. Il convient de souligner que la gouvernance détient approche gestionnaire dans laquelle elle insiste sur les enjeux de politiques publiques, ainsi que les nouveaux modes de coordination entre acteurs, les conditions de leur coopération et les principaux problèmes que ce partenariat soulève ou sur la définition des conditions de la bonne gouvernance. La gouvernance territoriale qui en est le produit, renvoie ainsi tout d'abord à celle du développement local et se situe dans le contexte historique de l'implication croissante des acteurs locaux (privés, publics, associatifs) dans les dynamiques de développement, dans leur capacité à s'autogérer. La terminologie de gouvernance ici se situe dans une perspective plutôt économique, comme processus de coordination des acteurs entre eux dans la per